Tabac : vendeurs de drogue et fraudeurs

21 Février 2018

Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) a annoncé vendredi 9 février avoir déposé une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, à l’encontre des filiales françaises des quatre grands cigarettiers mondiaux, Philip Morris, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Brands (dont Seita est une filiale).

Il les accuse d’avoir triché sur les mesures des taux de goudron, de nicotine et de monoxyde de carbone inhalés par les fumeurs. Des micro-trous dans les filtres des cigarettes permettent de laisser passer de l’air lors des mesures par les machines à fumer qui servent aux contrôles officiels, alors que les fumeurs bouchent ces trous avec leurs doigts et leurs lèvres lorsqu’ils fument dans des conditions réelles. Ils absorbent ainsi entre deux et dix fois plus de goudron, et cinq fois plus de nicotine que les taux mesurés.

Ces micro-trous existent en fait depuis la fin des années 1950, lorsque la mesure des taux de goudron et de nicotine a commencé à être imposée aux États-Unis. Le professeur Yves Martinet, président du CNCT, déclare avoir aujourd’hui la certitude qu’ils ne servent qu’à fausser les tests. Et il ajoute : « On a affaire à des salopards. Ils n’ont aucune morale. C’est le paradigme du capitalisme le plus pur. Ce sont des industries transnationales. Ils sont quatre et fonctionnent comme un petit cartel. Ils ne vendent qu’un produit, un produit qui est totalement inutile. On peut très bien vivre sans fumer. Et d’autre part, c’est un produit qui tue. Et pour arriver à vendre ce produit qui tue, il faut arriver à en faire une promotion d’enfer. »

Effectivement, ces industriels gagnent des millions en vendant des produits mortels. Comme les industriels de l’automobile avec le diesel, ils se sont arrangés pour contourner la réglementation et les contrôles des États en mentant sur le taux de nicotine présent dans les cigarettes, pour continuer à rendre les fumeurs le plus dépendants possible d’une drogue qui tue chaque année au moins 73 000 personnes en France.

Hélène COMTE