Forfait jour : une nouvelle attaque patronale

21 Février 2018

Un amendement a été ajouté en février à la sixième ordonnance contre le Code du travail. Il autorise désormais les employeurs à imposer aux salariés le passage en forfait jour, sous peine de licenciement. Cette nouvelle attaque concerne des centaines de milliers de salariés, cadres dans le privé.

Censé être accepté sur la base du volontariat, le régime du forfait jour calcule le temps de travail en jours par an, plutôt qu’en heures par semaine. En échange de contreparties sur le salaire ou les congés, plus ou moins bien négociées dans le cadre d’un accord collectif, le salarié en forfait jour peut travailler jusqu’à onze heures quotidiennement.

Avec ce régime, l’employeur peut faire dépasser allègrement au salarié la limite des 35, 37 ou 39 heures, sans le payer en heures supplémentaires. Selon le ministère du Travail, les salariés en forfait jour travaillent en moyenne près de 46 heures par semaine, avec des pointes au-delà de 50 heures. La CGT rappelle que les risques cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux croissent de 10 % chez ceux qui travaillent entre 41 et 48 heures hebdomadaires, et de 27 % au-delà de 49 heures.

En 2016, dans sa première version de sa loi travail, l’ancienne ministre du Travail El Khomri avait déjà proposé que, dans les entreprises de moins de 50 salariés, un employeur puisse décider de faire passer ses employés au forfait jour. Les manifestations l’avaient contrainte à abandonner son projet. Cette fois, le gouvernement revient donc à la charge en élargissant sa mesure à toutes les entreprises.

Les salariés cadres sont en tout cas au même régime que les autres travailleurs, subissant les attaques patronales destinées à accroître leur exploitation.

Julie LEMÉE