Transports en Île-de-France : le pire est à venir

31 Janvier 2018

Le directeur général de Transilien et le directeur de la SNCF réseau Île-de-France ont choisi les colonnes du journal Le Parisien pour annoncer lundi 29 janvier à tous les passagers une nouvelle dégradation des conditions de transport pour les huit prochaines années.

Cherchant à désamorcer par avance le mécontentement qui existe déjà, ils font mine de jouer la transparence et cherchent à justifier la nécessité de faire les travaux non plus seulement la nuit et le week-end, mais en semaine. En clair, des lignes seront fermées pendant plusieurs jours d’affilée.

Il est bien sûr nécessaire de faire face à l’augmentation prévisible du trafic, qui passerait de 3 millions de voyageurs chaque jour à 4,5 millions d’ici 2025. Les travaux d’extension du réseau et les interconnections avec les lignes existantes des nouvelles gares du Grand-Paris sont de grande ampleur. Mais c’est surtout la dégradation accélérée des infrastructures qui rend impossible de continuer à repousser des travaux aussi indispensables que le remplacement de l’ensemble des caténaires des lignes B et C du RER.

En réalité, les conditions de transport sont d’ores et déjà lamentables : trains bondés, supprimés au dernier moment ou arrivant systématiquement en retard. Ce sont d’ailleurs les responsables du réseau qui ont décidé de réduire la fréquence des trains sur certaines lignes, ou font rouler les trains au ralenti sur de nombreux tronçons pour limiter les risques d’accident.

Alors, ces dirigeants ont le culot de prêcher la patience et présentent comme un plan d’action pour supporter une nouvelle aggravation le fait d’améliorer les applications SNCF d’information ou de covoiturage. Des services de substitution, même de qualité, ne peuvent remplacer des trains inexistants.

Cette opération de communication voudrait faire oublier les vrais choix : privilégier les opérations les plus rentables tout en repoussant le plus longtemps possible les travaux d’entretien des lignes existantes. Cette logique aboutit aujourd’hui à laisser des millions d’usagers attendre de plus en plus longtemps sur les quais, obligés ensuite de jouer des coudes pour parvenir à monter dans des wagons qui, aux heures de pointe, s’apparentent toujours plus à des bétaillères.

Gilles BOTI