Sanofi : la course aux profits31/01/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/02/2583.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sanofi : la course aux profits

Sanofi, un des plus gros laboratoires de l’industrie pharmaceutique, au quatrième rang mondial par ordre de chiffre d’affaires et de bénéfices, a annoncé le 22 janvier le rachat de Bioverativ, une société américaine de biotechnologies spécialisée dans le traitement de l’hémophilie, pour la modique somme de… 10 milliards d’euros !

« Nous sommes un leader mondial de la santé centré sur les besoins des patients », dit la page d’accueil du site de Sanofi sur Internet. « Donner toute sa force à la vie », proclame la campagne publicitaire de la firme, qui assure son engagement pour la santé des bébés, des diabétiques, des personnes âgées, de tous les malades… « Notre but : les protéger et les accompagner pour leur permettre de vivre leur vie pleinement. » Le géant de la pharmacie mondiale serait une sorte de bienfaiteur de l’humanité.

Sauf que, si Sanofi rachète Bioverativ, c’est que l’hémophilie, une maladie rare de la coagulation du sang, représente aujourd’hui, avec la découverte de nouveaux traitements, un chiffre d’affaires de dix milliards de dollars par an. La promesse de revenus est telle que Sanofi a fait monter les enchères de l’action Bioverativ, jusqu’à l’acheter à 105 dollars alors que son cours tournait autour de 65 dollars !

L’industrie pharmaceutique est comme toutes les autres, elle produit pour vendre afin de réaliser les plus-values les plus importantes possibles. À l’échelle du monde, les plus gros laboratoires, les Sanofi, Roche, Bayer, Pfizer et autres, se battent pour rafler le gros lot, la plus grosse part du pactole. Leurs équipes de recherche respectives sont contraintes de se livrer à une concurrence acharnée. Pas question de collaborer, de mettre en commun les idées et les découvertes afin de vaincre au mieux et au plus vite les maladies. Non ! Chaque équipe doit garder le secret afin que le laboratoire pour lequel elle travaille parvienne le premier au dépôt du brevet. Et gare à celui ou celle à qui il viendrait l’idée de faire part des avancées.

« L’engagement au service des patients », c’est bon pour les spots publicitaires. La réalité, notamment celle concernant le rachat de Bioverativ, a été livrée par le directeur général de Sanofi : « Il y a une véritable logique à cette acquisition. Il suffit de regarder les chiffres. » Et d’aligner 10 milliards d’euros, dans l’espoir de les faire fructifier au plus vite.

Une autre réalité des chiffres de Sanofi : près de 7 milliards d’euros de bénéfices en 2017, des profits du même ordre dans chacune des années qui ont précédé mais… 0 % d’augmentation générale collective des salaires depuis cinq ans dans les sites de production du groupe.

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