SNCF : les raisons de la colère31/01/20182018Journal/medias/journalarticle/images/2018/01/p13_Manifestation_cheminots_Metz_C_LO_resultat.JPG.420x236_q85_box-0%2C75%2C800%2C525_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

SNCF : les raisons de la colère

Jeudi 8 février, la CGT organise une manifestation nationale des cheminots à Paris. Elle appelle « tous les cheminots, les associations d’usagers, les usagers eux-mêmes, ainsi que toutes celles et ceux qui souhaitent défendre un service public ferroviaire de qualité », à y participer.

Illustration - les raisons de la colère

Dans tous les secteurs de la SNCF, les conditions de travail continuent de se dégrader, la pression de la hiérarchie est de plus en plus forte pour augmenter la productivité. Les cheminots, comme tous les autres travailleurs, sont dans le collimateur du gouvernement. Il a annoncé qu’il comptait dès cette année supprimer le régime particulier de retraite des cheminots et s’en prendre également à leur statut. Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, il envisage que les cheminots puissent être licenciés, s’ils refusent de quitter la SNCF pour aller travailler pour une entreprise concurrente qui reprendrait une ligne. Il y a donc bien des raisons de descendre dans la rue pour crier sa colère.

Mais participer à cette mobilisation ne signifie pas partager l’optique dans laquelle se place la CGT. Dans ses tracts d’appel au 8 février, elle proclame : « Certains veulent la descendre, nous on la défend », ajoutant une cible avec le logo de la SNCF pour centre. Le ton est donc d’appeler à la défense de l’entreprise en danger, comme si tous avaient les mêmes intérêts, du cheminot de base au président Pepy.

La CGT revendique entre autres le retour à une entreprise publique unique et intégrée, la reprise de la dette par l’État sans contrepartie et l’arrêt de toute velléité d’ouverture à la concurrence. Mais il n’est pas juste de présenter l’éventuel retour à la SNCF d’avant la séparation en trois entités – SNCF-Réseau, SNCF-Mobilités et la troisième chapeautant les deux précédentes – comme pouvant être garant d’un fonctionnement cohérent des services et d’un service public de qualité. C’est tenter de faire croire aux cheminots qu’ils pourraient alors faire confiance à la direction pour que tout fonctionne bien. Se limiter à demander que la dette soit reprise par l’État équivaut à demander de faire payer la population, et non les banques qui se sont engraissées pendant des décennies grâce à cette dette. Quant à l’ouverture à la concurrence, il ne faut pas ignorer que c’est une politique choisie par l’État et par la direction de la SNCF elle-même.

Lors de la manifestation du 8 février, les cheminots et tous les autres travailleurs employés par des entreprises liées au ferroviaire auront l’occasion de dénoncer les horaires décalés, les salaires insuffisants, le manque de personnel… qui les touchent tous. Et de crier haut et fort que ça ne peut plus continuer comme ça.

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