Grancher – Cambo : des travailleurs en colère31/01/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/02/2583.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Grancher – Cambo : des travailleurs en colère

Le centre Grancher Cyrano, situé à Cambo dans les Pyrénées-Atlantiques, est un établissement privé recevant des patients de cardiologie et pneumologie pour des soins de suite et de réadaptation. Il emploie 150 personnes.

Prétextant les baisses tarifaires appliquées aux établissements de santé, la direction est à la recherche d’économies. Il en résulte un climat pénible. Tant qu’ils l’ont pu, les salariés ont continué à accompagner les patients et leurs familles du mieux qu’ils pouvaient. Cela s’est payé par de nombreux arrêts de travail dus au burn-out.

Pour se tirer d’affaire, la direction a mis en place un management de plus en plus agressif. Quand elle a obtenu récemment un label de qualité pour son établissement, elle a refusé ce que le personnel lui demandait en contrepartie : une prime de 300 euros, une augmentation de salaire, le remplacement des salariées malades et deux jours de congés supplémentaires pour les plus de 50 ans.

Elle a non seulement mis le personnel au défi de faire grève mais, très méprisante, elle a annoncé en plus la suppression du poste de radiologie et le non-remplacement de deux postes d’aide-soignant de nuit.

Elle a eu tort. Le jeudi 25 janvier c’était la grève. Il y avait dès le matin 80 personnes au piquet de grève, bientôt rejointes par des kinés, médecins, anciens de l’établissement et… patients. Les slogans fusaient : « Grancher si tu savais, ton mépris où on se le met », « Au cu, au cu, aucune considération ».

Pour être informé des raisons de la grève, le député local La République en marche a donné un rendez-vous à la mairie. C’est le piquet tout entier qui a décidé spontanément de s’y rendre en manifestation. Dans Cambo, cela s’est vu. Nombre de patients et de voisins, aux fenêtres, encourageaient en applaudissant.

La directrice, si arrogante, a fui la colère du personnel. C’est son beau-frère, membre du conseil d’administration, qui est venu en catastrophe de Dijon dans la nuit pour promettre moins de mépris. Une réunion exceptionnelle est prévue le 6 février. Sans illusions, des grévistes proposaient avant cette date de prolonger la lutte en rejoignant celle des salariés des Ehpad, le 30 janvier.

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