Rentrée de Le Pen : conformisme patronal

13 Septembre 2017

À Brachay, en Haute-Marne, Marine Le Pen a effectué sa rentrée politique le 9 septembre devant une banderole sur laquelle était écrit : « En avant pour un nouveau Front national ». Mais, dans son discours, elle n’a pas fait dans l’innovation, reprenant essentiellement la démagogie xénophobe et sécuritaire qui constitue le fonds de commerce traditionnel de l’extrême droite.

Le Pen a enchaîné ses thèmes de prédilection, amalgamant terrorisme et islam, insécurité et immigration, appelant de ses vœux une fermeture totale des frontières, prenant comme modèle dans ce domaine la Hongrie et son régime ouvertement raciste.

Si nouveauté il y a, elle tient à la situation politique qui a vu l’effondrement du PS et de LR, et l’élection de Macron à la présidence. Marine Le Pen se pose en alternance face à ce qu’elle appelle le macronisme, présenté comme une opération de destruction de la France, de ses territoires, de sa culture, de ses traditions au profit du « règne de l’argent ».

Le Pen prétend opposer une vision d’ensemble, cohérente, panoramique dit-elle, à celle de Macron. Mais si on retrouve en effet une vision d’ensemble, elle n’a là encore rien de nouveau et rappelle les couplets de la bonne vieille extrême droite pétainiste qui dénonçait l’anti-France, désignant ainsi les étrangers, les Juifs, les communistes.

Dans son discours, Le Pen a consacré quelques minutes à faire mine de s’adresser aux travailleurs, en dénonçant la loi travail et la précarité que Macron veut imposer avec les contrats de mission. Elle l’a fait en dame patronnesse défendant le maintien d’un « lien durable de loyauté entre le salarié et son entreprise, partageant le même projet ».

Sur ce terrain, elle reprend le discours patronal, celui de Macron et de tous ceux qui s’inclinent face au pouvoir des capitalistes. Pour ces gens-là, de Gattaz à Macron en passant par Le Pen, travailleurs et patrons seraient dans le même bateau. Tous prêchent soumission et résignation aux exploités, y compris Le Pen, quelle que soit sa démagogie.

Gaëlle Regent