Moins d’emplois aidés : détérioration des services publics

13 Septembre 2017

Depuis trente ans qu’ils existent, ce n’est pas la première fois que le nombre d’emplois aidés baisse, mais les conséquences sont de plus en plus lourdes, du fait du manque de personnel dans tous les services. Et puis, l’augmentation de la pauvreté a fait de ces contrats une bouée de secours indispensable.

Un certain nombre d’élus, en particulier les maires des petites communes, y sont d’autant plus sensibles que certains avaient promis à des habitants de leur village le renouvellement de leur contrat ou leur embauche, et sont contraints de se dédire.

Ainsi, dans la Somme, une tentative de recensement des maires eux-mêmes indique que 87 contrats aidés ne sont pas renouvelés. 30 % concernent la restauration scolaire et la garderie dans les écoles primaires et maternelles. Pour faire face aux difficultés que leur licenciement engendre, certains maires ont choisi d’embaucher au moins en CDD les salariés qui occupaient ces postes. Le maire de Domart, par exemple, dit que ces embauches représenteront un surcoût de 16 000 euros sur le budget de la commune.

Dans l’Aisne, le maire de Quierzy-sur-Oise précise que la rentrée a eu lieu grâce à l’aide de personnes bénévoles. S’il devait embaucher un salarié sans les contrats aidés, cela coûterait 9 000 euros à la commune. À Essigny-le-Grand, deux contrats aidés disparaissent, rendant impossible la poursuite de la semaine de quatre jours et demi. Dans les 150 collèges du département, ce sont trente emplois aidés, souvent employés à la maintenance et au nettoyage, qui sont menacés.

L’heure est à la réorganisation dans tous ces secteurs, mais la baisse du nombre d’employés entraînera une intensification du travail et une dégradation du service fourni à la population. Les agents restants devront courir, assurer certaines tâches au détriment d’autres.

La volonté du gouvernement de continuer à baisser les dotations et à imposer la réduction du personnel dans tous les services publics ne pourra qu’aggraver la situation, alors qu’une part plus importante de la population en dépend, du fait de la faiblesse de ses revenus.

Inès Rabah