Logement : toujours plus cher et plus précaire

13 Septembre 2017

Dans un projet de loi sur le logement, le gouvernement prépare une nouvelle baisse des APL qui devrait aller au-delà de celle de 5 euros s’appliquant dès octobre prochain. Il prévoit un « bail mobilité » destiné aux travailleurs les plus précaires, dont la durée pourrait descendre jusqu’à trois mois, peut-être même un seul mois.

La raison invoquée est que les travailleurs en CDD, en intérim, en formation, y compris ceux qui touchent un salaire leur permettant de payer un loyer, se voient couramment opposer des refus de la part des propriétaires et des agences immobilières. Ceux-ci leur demandent de fournir un contrat de travail dont la durée couvre la durée du bail, autrement dit au moins un an pour la location d’un meublé et trois ans pour les logements loués vides. Face à cette difficulté, le gouvernement n’envisage évidemment pas d’allonger la durée des contrats de travail, mais au contraire d’ouvrir les vannes à la précarité dans le bail de location d’un logement, comme il les ouvre pour les licenciements.

Or, déjà, la multiplication des licenciements, jointe à la baisse du pouvoir d’achat de ceux qui ont encore un travail, a aggravé la crise du logement, comme en témoigne l’explosion des expulsions locatives. Mais le gouvernement veut pousser plus loin le droit des travailleurs… à être expulsés, en ouvrant une brèche dans la loi actuelle, qui fixe à trois ans la durée du bail et prévoit son renouvellement dans la plupart des cas. Le combat qu’il mène contre les travailleurs n’épargne aucun domaine, y compris les besoins les plus vitaux.

Jean SANDAY