La Poste – Angers : contre les suppressions d’emplois

13 Septembre 2017

Mardi 12 septembre, les postiers d’Angers étaient en grève, non seulement contre les attaques du gouvernement contre le Code du travail et les fonctionnaires, mais aussi contre les réorganisations en cours, en particulier au centre de tri.

La PIC (plateforme industrielle courrier) d’Angers va être transformée en plateforme multiflux en mai 2018. En même temps, les facteurs basés pour l’instant quelques rues plus loin, au centre de distribution Bamako, ont été informés par la direction qu’ils seraient amenés à rejoindre les locaux de la PIC.

Cette annonce comporte un aspect positif : être réunis au sein d’un même site permettra aux postiers, aujourd’hui séparés entre trieurs et distributeurs, d’être plus proches les uns des autres et plus nombreux pour répondre aux attaques. Mais, en attendant, La Poste restructure le centre de tri aussi bien que le centre de distribution, avec des effets négatifs immédiats.

Côté distribution, des tournées seront supprimées. C’est une certitude, même si le nombre, lui, n’est pas certain. Côté tri, 25 postes ont déjà disparu, via des non-remplacements de départs en retraite, depuis l’annonce de la restructuration il y a un an. Et le 8 septembre La Poste a annoncé que, sur les 145 agents restants (employés des bureaux et de l’encadrement compris), il ne resterait de la place, après la réorganisation, que pour 92. C’est donc encore 60 postes qu’elle compte supprimer.

Cette fois, les départs en retraite ne suffiront pas à la direction. Il n’y en aura pas plus de 35, ce qui veut dire que, d’ici à mai 2018, elle cherchera à se débarrasser de 25 travailleurs « en trop ». À l’écouter, ce n’est pas un problème, puisqu’elle dit qu’elle leur a réservé des postes à la distribution. Mais c’est faire abstraction de l’avis des travailleurs concernés ! Car la plupart des agents actuellement en poste au centre de tri ne veulent pas ou ne peuvent pas être facteurs : soit parce que les agents de tri ont des horaires fixes auxquels ils tiennent, alors que les facteurs n’en ont pas vraiment, les temps de tournée étant plus qu’aléatoires ; soit parce qu’ils ne sont plus physiquement en état de remonter sur un vélo, précisément parce que La Poste les a usés au travail.

Depuis un an, quatre journées de grève ont déjà eu lieu, avec environ 50 % de grévistes à chaque fois. Depuis l’annonce du 8 septembre, des assemblées générales ont été tenues par les syndicats CGT et SUD, qui appellent à se mobiliser pour faire reculer La Poste.

Le matin du mardi 12 septembre, une quinzaine de travailleurs (sur 40 grévistes) se sont rassemblés pendant une heure devant la PIC, en profitant pour discuter des suites nécessaires à leur mouvement. Ils ont ensuite rejoint la manifestation interprofessionnelle au centre-ville. Ils savent qu’une lutte plus large serait le meilleur atout pour contraindre la direction à revoir sa copie.

Correspondant LO