Fiscalité du capital : récompenser les plus riches

13 Septembre 2017

Interrogé sur les mesures fiscales du gouvernement, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé la mise en place, dès 2018, d’un prélèvement forfaitaire unique de l’ordre de 30 % sur les revenus du capital. Associé à la suppression de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), cela représente une bonne affaire pour la bourgeoisie.

Il s’agit de permettre à tous ceux qui possèdent des actions, obligations et autres placements bancaires, de s’acquitter d’un prélèvement forfaitaire unique d’environ 30 %, plutôt que de les inclure dans leur impôt sur le revenu. Pour les plus gros contribuables, qui déclarent au moins 152 260 euros par an et sont dans la tranche d’imposition à 45 %, c’est un cadeau supplémentaire, qui s’ajoute au remplacement de l’ISF par un impôt sur les fortunes immobilières (IFI) qui exclut de la taxation tous les placements sur des valeurs mobilières, actions ou obligations.

Les plus gros contribuables bénéficient, de plus, de toutes sortes de dispositifs légaux leur permettant d’optimiser leur fiscalité. Des tableaux de maîtres à l’investissement outre-mer en passant par l’achat d’appartements neufs destinés à la location, les moyens de réduire, voire de supprimer leurs impôts sur le revenu ne manquent pas, sans même parler d’évasion fiscale pure et simple.

Quant aux petits épargnants, qui mettent de côté quelques centaines ou milliers d’euros, ils ne gagneront rien dans l’affaire, et seraient même perdants, pour ceux qui sont imposés sur le revenu dans la tranche à 14 %, si ce PFU leur était imposé. Le Maire promet d’ailleurs que « les contribuables pourront toujours choisir l’imposition au barème, si c’est plus avantageux pour eux ».

Le ministre l’assure : ces nouveaux cadeaux fiscaux pour les revenus du capital n’ont d’autre but que de « récompenser ceux qui prennent des risques et créent des richesses ». En fait de créer des richesses, les « investisseurs » placent leurs capitaux dans ce qui rapporte, des produits financiers spéculatifs en premier lieu, qui ne se traduisent guère en investissements productifs.

Dans l’univers de Le Maire, « ceux qui créent des richesses », ce sont en réalité ceux qui les empochent, et qui en empocheront toujours plus : son gouvernement y veille !

Nadia CANTALE