Fête de L’Humanité : non, le communisme n’est pas dépassé !

13 Septembre 2017

À en croire les médias, à quelques jours de l’ouverture de la fête de L’Humanité, l’événement politique majeur de ce rassemblement serait la non-présence de Jean-Luc Mélenchon, qui a su habilement organiser, bien loin de La Courneuve, un rendez-vous à La Réunion.

On est aussi bien loin de la fête de septembre 2011, quand les dirigeants du PCF offraient avec empressement la vedette au leader de la future France insoumise, en le chargeant de prononcer le discours politique central, l’intronisant dans le rôle de sauveur suprême, en faisant de lui le candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012. Aujourd’hui, en fait depuis des mois, la créature crache à la figure de ses créateurs. Une situation qui, quand on y réfléchit, était amplement prévisible.

Faut-il regretter ce qui n’est en fin de compte qu’une clarification et se lamenter, comme le fait une fois de plus Pierre ­Laurent pour le PCF, sur cette unité perdue ? Il serait bien plus utile et bien plus efficace d’essayer d’en tirer les leçons.

Cette unité qu’on nous présentait comme une clef magique, la seule capable d’ouvrir la porte aux catégories populaires vers un avenir radieux, est apparue pour ce qu’elle est : du vent, une tromperie néfaste. Et, du même coup, a été remise en question l’illusion en l’efficacité d’un sauveur suprême, incarné par un politicien manœuvrier, arriviste, dont l’ambition affichée est aujourd’hui de prendre la place de Macron à la tête de l’État, dans le cadre institutionnel actuel.

Cette expérience, pour rude qu’elle soit pour ceux qu’elle avait fait rêver d’un changement en douceur, sans effort et sans risque, doit aider à prendre conscience que l’issue est à rechercher dans une tout autre direction. La politique proposée par les dirigeants du PCF, depuis maintenant des décennies a mené aux impasses d’aujourd’hui, à des faillites qui ne touchent pas seulement le monde du travail, mais le PCF lui-même, qui a perdu au fil des années militants et électeurs. Au point qu’aujourd’hui ses dirigeants en sont à quémander que Mélenchon les accepte à sa traîne, quitte à se faire traiter avec un mépris insultant.

L’autre perspective, abandonnée depuis trop longtemps par les responsables du PCF, serait de renouer avec l’objectif de classe, avec la perspective communiste qui a été incarnée par des générations de militants qui engageaient leur vie, à fond, pour qu’eux-mêmes ou leurs enfants puissent vivre une autre vie, dans une autre société, débarrassée de l’exploitation, libérée du capitalisme.

Que ce soit pour s’en réjouir ou pour le regretter, beaucoup prétendent qu’une telle perspective serait caduque, voire enterrée. À Lutte ouvrière, nous ne sommes pas de ceux-là. Et nous pensons ne pas être les seuls.

Jean-Pierre VIAL