Auvergne : les couacs de la rentrée scolaire

13 Septembre 2017

Selon les autorités académiques, la rentrée en Auvergne s’est effectuée de façon tout à fait satisfaisante. Pourtant les points noirs ne manquent pas : non-renouvellement des contrats aidés, retour à la semaine des quatre jours, classes surchargées, manques de postes ou de places.

Il y a par exemple une insuffisance de places en internat dans l’agglomération clermontoise. Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a promis 600 places supplémentaires, mais pas avant 2023 !

En Haute-Loire, la municipalité d’Azérat, une toute petite commune, subit de plein fouet la suppression des contrats aidés. Faute de ressources, le maire n’a pas pu renouveler le contrat de la personne qui assurait les fonctions d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Il a été obligé de reporter la rentrée, pour des raisons de sécurité, ne voulant pas que les enfants de maternelle restent dans une salle sans surveillance. Le maire a demandé aux conseillers municipaux de venir surveiller la cantine ! L’inspection académique reconnaît le problème et espère que cela va s’arranger… tout seul !

Dans la banlieue de Clermont-Ferrand, à Marsat, des parents d’élèves réclament un poste de plus en raison de classes surchargées. Dans l’ensemble du département du Puy-de-Dôme, il y aura au total treize nouvelles classes dédoublées de douze élèves, dans les secteurs de REP + (réseaux d’éducation prioritaire renforcés). Mais il faut donc plus de places, plus de salles, ce qui n’a pas été prévu. Comme le disent les parents d’élèves et les enseignants : « Comment va-t-on pousser les murs ? »

La baisse des dotations de l’État a aussi des conséquences désastreuses sur l’organisation des temps d’activité périscolaire : dans plusieurs communes, c’est devenu une simple garderie.

À La Roche-Noire, parents d’élèves, enseignants et élus municipaux sont mobilisés pour obtenir la réouverture d’une troisième classe, fermée depuis 2013. Des familles avec enfants sont venues s’installer dans la ville, grossissant ainsi les effectifs. C’était pourtant prévisible !

À l’école Michelet de Montferrand, la colère a éclaté. Les enseignants, soutenus par les parents d’élèves, sont en grève le jour de la rentrée pour protester contre les sur­effectifs dans les classes. Ils réclament au moins un poste de plus. Les responsables académiques osent soutenir qu’il n’y a pas de surcharge, oubliant de tenir compte des enfants handicapés. De plus, il n’y a pas assez de places à la cantine : une trentaine d’enfants doivent être transportés en bus à celle d’un autre quartier !

Un peu partout, c’est le manque de moyens, tant en personnel qu’en financement, qui provoque ces difficultés dues à la politique ministérielle et gouvernementale, qui se préoccupe d’être très généreuse envers le patronat plutôt qu’envers le service public.

Correspondant LO