Expulsions locatives : la loi Dalo ne pèse pas lourd !

14 Juin 2017

Depuis la fin de la trêve hivernale le 1er avril, les expulsions de locataires flambent. Ceux considérés comme prioritaires pour le droit à un logement selon la loi Dalo (droit au logement opposable) ne sont pas épargnés.

À Paris par exemple, la fondation Abbé-Pierre a directement connaissance de l’expulsion de onze ménages reconnus prioritaires Dalo, contre un seul pour la même période l’année dernière, et vingt autres ont été avertis d’une intervention de la police pour les mettre dehors.

C’est que la loi Dalo, adoptée en réponse à l’émotion dans l’opinion suscitée par les personnes privées de logement installées dans des tentes le long du canal Saint-Martin à Paris au cours de l’hiver 2006-2007, ne pèse pas lourd face au concours de la force publique pour faire respecter la propriété privée. Les expulsions sont de plus en plus fréquentes, du fait de l’écart croissant entre le montant des loyers d’un côté, les revenus des milieux populaires de l’autre.

La loi Dalo peut dans certains cas servir de point d’appui aux associations qui luttent pour empêcher les expulsions et apportent une aide quand celles-ci ont quand même lieu. Mais c’est avant tout la loi du capitalisme qui l’emporte dans la société.

Jean SANDAY