CSG : vraie hausse des cotisations, fausse augmentation de salaire

14 Juin 2017

Parmi les promesses de Macron, il y a la baisse des cotisations sociales maladie et chômage pour les salariés afin, selon lui, d’améliorer le pouvoir d’achat.

Conjointement à cette perte de 18 milliards d’euros, la contribution sociale généralisée serait augmentée jusqu’à hauteur de 8,3 %. Cette hausse de la CSG portant sur tous les revenus, les primes, les retraites, les dividendes, etc., compenserait la baisse des cotisations et rapporterait à l’État une somme de l’ordre de 4 milliards.

Ce tour de passe-passe se traduirait pour les salariés par une augmentation de salaire de 22 euros par mois pour un smicard, quelque 45 euros pour un salarié gagnant 3 000 euros, soit une augmentation à peine visible sur les plus bas salaires. En revanche, elle frapperait les 9 millions de retraités dont la pension mensuelle nette est supérieure à 1 200 euros. Alors que les pensions n’ont pas été revalorisées depuis 2013, ils subiraient une baisse d’au moins 25 euros. Cette nouvelle attaque programmée sur les revenus des retraités met en colère ceux qui ont déjà des difficultés à boucler leurs fins de mois après une vie de travail. Quant aux actionnaires, la hausse de la CSG sur leurs dividendes devrait être compensée par une fiscalité avantageuse..

Les partis de droite et de gauche font des gorges chaudes de cette mesure, pour inciter les électeurs à ne pas voter pour les candidats macronistes au deuxième tour, mais ils ont eux-mêmes participé à l’augmentation de la CSG. Celle-ci a été créée en 1991 par Rocard. Elle était de 1,1 % mais, augmentée par les différents gouvernements de gauche comme de droite, elle atteint aujourd’hui 7,5 % sur les revenus salariés ou les allocations chômage. Le fait de remplacer les cotisations salariales par la CSG, pour accorder un semblant de hausse de salaire, a été déjà employé par Jospin. La recette n’est pas nouvelle. Du côté des partis de droite en particulier, un autre motif d’opposition à cette solution est qu’elle se traduira par une baisse nette des salaires les plus élevés, dépassant 33 450 euros brut mensuel !

Si cette hausse de la CSG fait partie des attaques prévues dans le programme de Macron, elle rejoint d’autres mécanismes proposés par les différents partis, du FN à la gauche, qui prétendent augmenter le pouvoir d’achat sans vouloir s’attaquer aux profits des entreprises et aux revenus de la grande bourgeoisie.

Une véritable augmentation mensuelle des pensions et des salaires de 300 euros devra être arrachée, quelle que soit l’Assemblée qui sortira de ce deuxième tour.

Inès Rabah