Bénin : un président bon élève du Medef

07 Septembre 2022

Patrice Talon, le président du Bénin, était convié le 30 août à l’université d’été du Medef. Il s’agissait d’inciter les capitalistes à investir dans ce pays, « une oasis » selon lui, et de leur donner des garanties.

Cette ancienne colonie française de 12 millions d’habitants bénéficie des attentions de l’impérialisme français par ces temps d’incertitudes dans son pré carré ouest-africain. Après la visite de Macron à la tête d’une délégation patronale au mois de juillet, le chef d’État béninois était cette fois invité par le grand patronat. Il a vanté ses méthodes autoritaires appréciées du monde des affaires. « Désormais la grève est interdite dans les secteurs vitaux comme la santé... », « dans les autres secteurs la grève est limitée à deux jours maximum par mois et à dix jours par an » : c’est par ces mots que le dirigeant s’est exprimé devant un parterre de patrons admiratifs. De même, le salaire minimum mensuel à moins de 80 euros peut faire saliver les investisseurs, ainsi que le droit du travail « dérégulé » : on peut embaucher en CDD indéfiniment... Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, n’a pu contenir sa joie devant une corbeille si bien garnie.

Depuis quelques années, le régime Talon a bâillonné l’opposition politique. Les opposants sont pourchassés, emprisonnés. Aucun parti d’opposition n’a pu participer aux dernières élections législatives d’avril 2019.

L’ordre est donc assuré et c’est toujours bon pour les affaires.

Patrice Talon a rappelé avec une rare franchise une leçon fondamentale : si la bourgeoisie des pays riches se permet le privilège de quelques apparences démocratiques, dans les pays qu’elle pille elle préfère miser sur des hommes de main ; rien de mieux alors qu’un homme à poigne capable de faire exécuter les ordres. Cette disponibilité à satisfaire les désirs de l’impérialisme français a été saluée par les applaudissements nourris de l’auditoire.

Michel Tinas