Atsem : les invisibles se font voir

07 Septembre 2022

Lundi 5 septembre, les Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles) étaient appelés à faire grève. Elles – car il s’agit de femmes à 99 % selon la CGT – sont 57 000. Elles participent à l’intégration des jeunes enfants dans les écoles, un rôle indispensable mais épuisant et mal payé.

Les Atsem travaillent plus de 40 heures par semaine. Elles accueillent les parents, accompagnent les enfants à la cantine, les habituent à la sieste, les emmènent aux toilettes, changent les tout-petits, les consolent, soignent les bobos. Aux tâches de nettoyage quotidien, s’ajoutent les grands nettoyages de fin d’année ; tout cela déclenche en peu d’années des troubles musculo-squelettiques et vaut à certaines d’entre elles une mise à la retraite d’office pour invalidité dès la quarantaine, avec une pension faible, comme le dénonce une des Atsem qui manifestaient devant la mairie de Saint-Étienne.

Officiellement intégrées à la communauté éducative, puisqu’elles préparent les ateliers pédagogiques et les sorties avec les enseignants, les Atsem n’ont ni le temps de se concerter avec eux, ni la paye. Comme beaucoup d’agents rétribués au bas de l’échelle de la fonction publique, elles n’atteignent que 1 700 à 1 800 euros mensuels après trente ans de carrière.

Elles réclament donc, entre autres, une augmentation immédiate et mensuelle de 183 euros, montant de la prime Ségur que le gouvernement n’a pas jugé bon de leur accorder, une revalorisation générale de la grille des salaires indexée sur l’inflation, l’embauche, pour atteindre la présence d’une Atsem par classe et des remplacements immédiats. Les syndicats prévoient d’autres mouvements en septembre, entre autres lors de la journée du jeudi 29.

Le ministère de la Fonction publique dit suivre leur mouvement « avec attention » et renvoie au prochain « chantier des carrières et rémunérations de la fonction publique ». Une façon de botter en touche qui ne trompe pas grand monde car de nombreuses Atsem disent leur colère d’être « des oubliées, des invisibles ».

Sylvie MARÉCHAL