Courrier des lecteurs : le scandale des services à domicile

17 Août 2022

Je suis intervenante à domicile pour une association de services à la personne du groupe Avec. Le personnel est épuisé et beaucoup démissionnent. Les conditions de travail sont éreintantes. Nous n’avons souvent pas de pause et nous devons manger en roulant. Même nos usagers sont furieux car, en raison du manque d’effectifs, leurs heures de repas ne sont pas respectées et les repas de midi peuvent être pris à 10h30 ou à 15 heures, et pour le soir à 16h30 comme à 20 heures. Et parfois, des repas ne sont pas pris, faute de personnel.

Nous connaissons nos plannings du jour pour le lendemain. Nous pouvons n’avoir aucune pause, ou au contraire deux heures qu’on nous impose sans qu’elles soient payées.

Au travers de notre téléphone professionnel qui sert de badgeuse, nous sommes chronométrés dès notre arrivée chez les personnes et une sonnerie retentit neuf minutes avant la fin de l’intervention. En 45 minutes, nous devons lever la personne, l’accompagner aux toilettes, la faire manger, l’amener dans la salle de bains pour la changer, et la coucher ! Sauf urgence prouvée, les dépassements d’horaires ne sont pas payés.

Souvent je peux être rappelée pour aller servir un repas à une personne âgée. On me dit : « Si vous n’y allez pas, elle ne mangera pas. » Et par exemple certains jours, y compris le dimanche, j’ai dû travailler de 7h15 à 20h30 pour que des usagers ne soient pas abandonnés.

Si nous sommes cas contact ou atteints de ­Covid, la consigne est de venir travailler sans rien dire aux usagers.

Nous ne touchons aucune prime de repas ni de vêtement. L’essence que nous utilisons pour aller d’une personne à une autre n’est pas remboursée. Cela représente un tiers de mon salaire.

Niveau salaire, nous nous retrouvons aujour­d’hui tous au smic, puisque lui seul a été relevé cette année et pas les salaires légèrement supérieurs en raison de l’expérience ou de l’ancienneté.

Plusieurs d’entre nous ont déjà travaillé en Ehpad. Mais, dans les services à la personne, les conditions de travail, de salaire et les mauvais traitements ­infligés aux personnes âgées en raison du manque d’effectifs sont tout autant scandaleux.

Une aide à domicile