Ministères : un projet boîte à sardines

29 Juin 2022

Jeudi 23 juin, environ 150 salariés des services statistiques du ministère du Travail (Dares) et de la Santé (Drees), ainsi que de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), se sont mis en grève.

Ils dénonçaient un plan d’économies par la réduction des surfaces disponibles et l’augmentation du nombre de personnes par bureau, qui détériorerait nettement leurs conditions de travail.

« Cette affiche est plus grande que nos futurs bureaux », « non au projet boîte à sardines » : avec leurs pancartes, leurs slogans et leurs chants improvisés, la centaine d’entre eux qui se sont rassemblés au ministère de la Santé ne sont pas passés inaperçus, dans ce bâtiment plus habitué à voir passer les manifestations qu’à vibrer de l’intérieur au son du mégaphone.

À la Drees, où les bureaux de deux ou trois sont la norme, plus de la moitié des salariés seraient versés dans des bureaux de cinq, six, voire huit ou neuf personnes. Le bruit engendré par les multiples réunions désormais tenues à distance, l’augmentation prévisible du télétravail subi, le renvoi des stagiaires et des apprentis au sous-sol, l’accumulation de mensonges et de demi-vérités de la direction des ministères... tout cela a conduit les salariés de la Dares et de la Drees à multiplier les assemblées générales ces dernières semaines.

À la Drees, un comité de mobilisation s’est rapidement constitué – regroupant représentants du personnel, syndiqués et non-syndiqués –, lançant une pétition diffusée de la main à la main qui a vite recueilli 700 signatures et multipliant les diffusions de tracts afin d’alerter les travailleurs des autres services visés par cette réorganisation.

Après avoir discuté du compte-rendu de leur délégation chargée de remettre la pétition et d’exposer les revendications aux autorités, les manifestants – pour la plupart des jeunes qui se mettaient en grève pour la première fois – ont décidé à l’unanimité de revenir la semaine suivante pour convier les salariés du site central du ministère à une assemblée générale commune.

Pour faire reculer l’administration sur ce projet qui concerne directement plus de 2 000 travailleurs, il va falloir continuer à élargir la contestation et mobiliser toutes les énergies disponibles. Mais, de l’avis de tous les participants, pour une première journée de grève, c’était une belle journée !

Correspondant LO