Retraites : Borne prévoit la poursuite des attaques

01 Juin 2022

Dès sa nomination comme Première ministre, Élisabeth Borne a affirmé qu’une de ses priorités serait de reprendre le dossier sur la réforme des retraites, présenté comme un moyen de « poursuivre le progrès social. »

Elle entend évidemment par là la poursuite des attaques contre les retraites des travailleurs.

Sans surprise, Borne reprend le programme de Macron : reculer de quatre mois par an, à partir de 2023, l’âge légal de départ en retraite pour le porter à 65 ans en 2031. Cela fera trois années volées aux travailleurs, alors que beaucoup sont déjà usés ou en congé d’invalidité avant même d’avoir atteint 60 ans. Il en est de même pour les salariés qui sont au chômage depuis des années et jugés « trop vieux » pour être embauchés, forcés de survivre avec des revenus insuffisants. Pour tous, reculer l’âge de la retraite aura obligatoirement des répercussions sur le montant des pensions, puisque la durée de cotisation nécessaire pour les toucher à taux plein s’allongera d’autant. Mais combien de travailleurs peuvent déjà à l’heure actuelle avoir un parcours professionnel complet, sans à-coups, et qu’en sera-t-il pour les futurs retraités ? L’appauvrissement de toute une catégorie de travailleurs, voilà ce que la bourgeoise Borne qualifie, sans mentir affirme-t-elle, de progrès social !

Et est-ce aussi un progrès que de voir des jeunes galérer des années sans emploi, ou passer de CDD à des missions d’intérim parfois de quelques jours, tandis que les plus âgés se tuent au travail ? Est-ce là le seul avenir que cette société malade est capable de leur offrir ?

Bien évidemment, Borne affirme que les attaques prévues contre le régime des retraites le sont pour le bien commun, afin de « préserver le régime par répartition ». Mais si c’est pour réduire le montant des pensions de façon catastrophique, cela ne fait aucune différence avec le régime par capitalisation. En s’attaquant aux retraites, le gouvernement ne vole pas seulement des années de vie aux travailleurs, mais aussi une partie de leur argent, pour le redistribuer au patronat.

La cheffe du gouvernement reprend aussi l’argument favori des réactionnaires, servi et maintes fois réchauffé, selon lequel, puisque la durée de vie augmente, il faudrait reculer d’autant l’âge de départ en retraite. Outre que l’espérance de vie a baissé ces dernières années pour les ouvriers, les progrès techniques devraient permettre, dans un système économique régulé, que le temps de travail soit considérablement réduit, à l’échelle de la semaine comme de la vie des salariés, avec des salaires et des pensions convenables. Or c’est l’inverse que Borne veut faire : user jusqu’au bout les travailleurs en leur laissant une misère pour survivre une fois qu’ils ne seront plus aptes au travail.

Les retraites ne sont menacées que par la rapacité d’un patronat qui a tout un appareil d’État à son service, et les travailleurs n’ont pas à accepter de payer pour cela. Revenir à la retraite à 60 ans au bout de 37,5 annuités de cotisation sera pour les travailleurs le premier objectif à atteindre quand ils montreront suffisamment leur force pour faire remballer tous leurs mensonges à Borne et ses semblables.

Marianne LAMIRAL