Castex : très cher “couteau suisse”

18 Mai 2022

Le CDD de l’ex-Premier ministre aura duré 22 mois. Contrairement à l’immense majorité des travailleurs en fin de contrat, Jean Castex ne subira pas la galère de Pôle emploi.

Son indemnité de départ de 44 000 euros, ainsi que les avantages liés à la fonction, voiture avec chauffeur et carburant fourni, accordés pendant dix ans, payés sur l’argent public, sont confortables. Ils lui permettront au moins de vivoter dans son bourg des Pyrénées-Orientales, loin des exorbitants tarifs parisiens. De toute manière, lorsqu’il a été appelé à Matignon il y a deux ans, ce haut fonctionnaire était réputé pour être l’un des mieux payés du pays, accumulant grâce à ses diverses fonctions, qui lui valurent le surnom de Couteau suisse, environ 200 000 euros par an. De quoi refaire l’isolation de son pavillon…

Ces modestes émoluments de l’énarque ont été bien gagnés à défendre les intérêts du patronat. Présenté lors de la succession d’Édouard Philippe comme l’homme du déconfinement, Castex est un homme politique de la vieille droite de tradition catholique, membre de l’UMP, puis de LR. Sous l’aile de Chirac président, avant de seconder Xavier Bertrand au ministère de la Santé, puis du Travail, il avait, en qualité de directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, proposé la funeste tarification à l’activité pour rentabiliser l’hôpital. Ses bons et loyaux services à la bourgeoisie ont ajouté à son plan de carrière, à la fin du mandat de Sarkozy, le secrétariat général adjoint de l’Élysée.

Les capitalistes du CAC 40 peuvent trinquer à sa santé en se réjouissant des richesses accumulées pendant ces deux dernières années de crise économique et sanitaire : les 100 milliards de cadeaux du plan France relance puis les 26 milliards du plan de résilience y ont amplement contribué.

Viviane LAFONT