Safran – Villaroche : pour les salaires, la lutte continue !

27 Avril 2022

Dans l’usine Safran de Villaroche, en Seine-et-Marne, qui assemble des moteurs d’avions, le mouvement pour 200 euros net d’augmentation de salaire est dans son troisième mois.

Qui aurait cru, au début de l’année, que les 300 ouvriers qui y participent seraient capables d’une telle détermination ? Aux débrayages quotidiens s’ajoutent de plus en plus souvent des journées entières de grève dans certains secteurs ou lors d’un temps fort dans la semaine.

La direction en est à sa deuxième lettre recommandée d’intimidation. Sans succès, elle est passée du bâton à la carotte : dernièrement, elle a annoncé 40 euros net d’augmentation supplémentaire pour les plus petits salaires à l’échelle de tout le groupe.

Qui sait ce qu’auraient pu accepter les ouvriers au début de leur mouvement ? Mais après près de trois mois de lutte, c’est à la ­quasi-unanimité que ces propositions ont été refusées. Dès qu’ils ont vu ces annonces sur leur smartphone, plusieurs ouvriers de l’équipe d’après-midi ont spontanément fait sonner les palans, signal pour stopper le travail et se réunir au centre de l’atelier. Et c’est à main levée que tous ont rejeté l’offre patronale et ont annoncé leur décision de continuer, en commençant par une journée de grève totale le vendredi. Ils organisent eux-mêmes leur mouvement et continuent les débrayages.

En novembre 2021, la direction affirmait que tout était dit après ses premières annonces de 37 euros net d’augmentation, qu’il était impossible de revenir sur ce qui avait été décidé dans les réunions patronat-syndicats. Elle a déjà commencé à manger un bout de son chapeau. Voilà comment l’impossible peut se transformer en possible.

Semaine après semaine, la mobilisation modifie peu à peu l’état d’esprit. Fiers d’avoir relevé la tête, de plus en plus conscients qu’ils sont une force, les travailleurs ne veulent plus s’incliner face au premier recul de la direction. Chaque jour, les photos du débrayage quotidien circulent sur les groupes WhatsApp, avec toujours le même commentaire : « On ne lâche rien ! »

Correspondant LO