Métaux : au bonheur des spéculateurs27/04/20222022Journal/medias/journalnumero/images/2022/04/2804.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans le monde

Métaux : au bonheur des spéculateurs

Le cours de nombreux métaux explose depuis des mois, en particulier ceux utilisés pour les composants électroniques, et les bénéfices des groupes miniers s’envolent avec eux.

Le cours du palladium a augmenté de 73 % en un an et celui du cobalt de moitié, tandis que le prix du nickel triplait et que celui du lithium était multiplié par six. Le prix du cuivre est également en hausse, de 16 % sur un an et de 81 % sur cinq ans.

Indifférents au chaos introduit de ce fait dans l’économie mondiale, et moins préoccupés encore de l’impact futur sur la population, les trusts miniers et les spéculateurs sabrent le champagne. Au troisième trimestre 2021, quatre groupes miniers figuraient parmi les cinq plus gros payeurs de dividendes au monde. Au total, le secteur aurait distribué 100 milliards de dollars à ses actionnaires en 2021.

Des spéculateurs quittent le terrain des entreprises dites technologiques, dont les cours avaient flambé ces dernières années, pour aller parier sur les matières premières, augmentant l’instabilité boursière et renchérissant encore le prix des matières premières.

La dirigeante du groupe minier Eramet annonce avec emphase le passage « d’une ère du pétrole à celle des métaux » : les besoins en cuivre pour les deux prochaines décennies seraient supérieurs à la totalité du cuivre consommé depuis le début de l’humanité, la consommation de nickel serait multipliée par trois et celle de lithium par dix-huit. La transition écologique et la baisse du recours aux énergies fossiles s’accompagnerait en effet de l’explosion des besoins en minerais.

La PDG appelle donc à tout faire pour permettre aux capitalistes français d’accaparer ces ressources stratégiques et de garantir leurs approvisionnements face à leurs concurrents. Tous ces mouvements de capitaux n’augmentent donc pas seulement la menace de crise boursière, mais risquent aussi d’accroître les tensions internationales.

Sous la direction des capitalistes, même la prétendue transition écologique peut s’avérer une source de catastrophes pour l’humanité.

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