Île Maurice : colère contre l’inflation

27 Avril 2022

Des émeutes ont éclaté jeudi 21 avril à l’île Maurice, contre la hausse des prix et les violences de la police.

Dans cette île de l’océan Indien, peuplée de 1,3 million d’habitants, l’héritage de la colonisation et le fonctionnement du marché mondial font que la production est entièrement orientée vers l’exportation (sucre, prêt-à-porter, poisson), et qu’une bonne partie des biens de consommation sont importés. En outre, au-delà des paysages de carte postale associés à l’île Maurice, le niveau de vie est faible. Le salaire minimum est d’environ 210 euros par mois, et la population continue de payer un lourd tribut à la crise causée par la pandémie, le tourisme ayant notamment été paralysé pendant un an et demi. La hausse mondiale des prix est donc durement ressentie : le gaz domestique vient par exemple d’augmenter de 30 % et les carburants de 25 %.

Une première manifestation spontanée s’est déroulée le 21 avril dans le quartier ouvrier de Camp-Levieux, à Rose Hill. Elle a été durement réprimée et, après avoir été arrêté, un militant aurait été brutalisé par la police. Le lendemain, huit autres localités étaient gagnées par la colère. Malgré l’interdiction de manifester, les manifestations se sont poursuivies et plusieurs personnes ont été blessées. Le militant arrêté a été libéré, mais les raisons de la colère sont toujours là. Il reste à espérer que cette mobilisation se poursuive sur le terrain des intérêts de classe des travailleurs, qui constituent à l’île Maurice la grande majorité de la population.

Michel BONDELET