Lieux culturels occupés : contre la précarité généralisée

31 Mars 2021

Les occupations de lieux culturels (théâtres, salles de concert…) se multiplient. Elles font suite à celle du théâtre de l’Odéon le 4 mars, après la manifestation organisée par la CGT spectacle.

Même s’il s’agit d’occupations de lieux de culture, leurs revendications dépassent le simple champ culturel. On y retrouve naturellement des intermittents du spectacle, mais aussi des maîtres d’hôtel, des guides-conférenciers et d’autres travailleurs précaires. Leur point commun : n’avoir pas pu travailler depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en France, il y a un an.

Leurs revendications ? D’abord, l’annulation de la réforme de l’Assurance chômage, plusieurs fois repoussée, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain. L’État veut réaliser des économies considérables sur le dos des salariés le plus touchés par la crise, alors qu’il se refuse à taxer les profits des grandes entreprises, qui cette année battent des records. Ensuite, ils revendiquent la prolongation des droits aux indemnités chômage pour tout le monde. Car, privés d’emploi depuis plus d’un an, beaucoup de travailleurs ne réunissent pas les conditions requises pour accéder à l’indemnisation et risquent de se retrouver à la rue.

Ces travailleurs n’en­trent pas dans le « quoi qu’il en coûte » martelé par Macron. C’est pourquoi des occupants des théâtres, la CGT et des associations de chômeurs organisent les revendications et actions des « vendredis de la colère », autour de l’Assurance chômage. À Paris notamment, vendredi 26 mars, une banderole a été déposée symboliquement au pied du Sacré-Cœur, en hommage aux 150 ans de la Commune, puis plus de 2 000 manifestants sont partis de Palais-Royal en direction du ministère du Travail. Une délégation a été reçue, mais aucune réponse n’a été donnée aux revendications.

Les occupants des théâtres appellent à élargir le mouvement à d’autres lieux et d’autres formes, et à rejoindre les « vendredis de la colère ».

Correspondant LO