Hôpital de la Croix-Rousse – Lyon : manque de moyens face au Covid

31 Mars 2021

La nouvelle vague épidémique à laquelle les hôpitaux de Lyon doivent faire face est pire que les deux précédentes. En plus du virus, le personnel doit faire face aux conséquences des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement.

À l’hôpital de la Croix-Rousse, où la direction se vante d’ouvrir un nouveau bâtiment ultra-sécurisé équipé avec du matériel médical de pointe destiné aux patients à haut risque infectieux, les chambres haut isolement – qui devaient fonctionner avec un système de basse pression pour empêcher les agents pathogènes de sortir – ont été conçues par erreur avec un système de haute pression, qui envoie toutes les bactéries dans le reste du service. Dans un autre bâtiment, à la suite d’un dysfonctionnement du chauffage que la direction n’avait pas pris au sérieux, un plafond s’est effondré sur un médecin, qui a échappé de peu à l’éboulis et au jet d’eau brûlante. Quant à l’unique machine qui interprétait les tests PCR de tout l’hôpital, elle est tombée en panne, donnant des résultats erronés. Le personnel du labo a dû reprendre plusieurs jours de travail avec d’autres machines, et des patients ont dû rester plus longtemps à l’hôpital, car leurs examens ont été retardés dans l’attente de ces nouveaux résultats. Pire encore : à cause des faux résultats de leurs tests, des patients atteints du Covid ont été en contact avec les autres, alors que de nombreux clusters ont déjà été détectés dans l’hôpital.

Mais c’est le manque de personnel qui crée le plus de difficultés. Les départs à la retraite ne sont pas toujours remplacés et certains travailleurs en fin de contrat ne sont ni embauchés ni prolongés. Les brancardiers manquent d’effectifs pour assurer tous les déplacements supplémentaires, en particulier les transports de patients Covid, qui demandent beaucoup de temps pour éviter la contamination. Faute d’infirmières et d’aides-soignantes de nuit, des lits risquent d’être fermés en Médecine et en Chirurgie. Et quand l’état d’un patient se dégrade, il n’y a pas de place pour lui en Réanimation : il doit rester plusieurs heures sur un brancard dans le couloir des Urgences, et parfois être évacué par le Samu vers un autre hôpital, qui finit par saturer à son tour.

La situation des services de Réanimation est chaotique. Le manque de personnel est tel qu’un aide-soignant doit parfois s’occuper de huit patients intubés en même temps, alors que chacun d’entre eux a besoin de soins continus et d’une attention permanente. En Chirurgie, 30 % des interventions sont déprogrammées pour mettre le personnel à disposition des services de Réa.

Cette situation est insupportable pour tous les travailleurs de l’hôpital et la colère monte contre le gouvernement, dont les mensonges ne peuvent plus tromper personne. Quand le coronavirus est arrivé, Macron disait qu’on ne peut pas former du personnel en quelques jours. Un an plus tard, on voit clairement que rien n’a été fait pour se préparer à cette nouvelle vague de l’épidémie.

Correspondant LO