Fraudes alimentaires : faux aliments, vrais profits

31 Mars 2021

L’ONG Foodwatch vient de lancer une campagne, appelée Manger du faux pour de vrai, pour dénoncer les fraudes alimentaires qui peuvent avoir de graves conséquences pour la santé.

La liste est longue et presque sans fin : sable dans le poivre, additifs dangereux injectés dans le thon avarié pour qu’il ait l’air frais, produits faussement bio pas bio, poulets fermiers qui n’ont jamais vu le soleil, miel coupé avec du sucre, huile d’olive sans olives, vins du Languedoc baptisés pomerol, etc. Depuis le scandale des lasagnes à la viande de cheval en 2013, comme on pouvait s’y attendre, rien n’a changé. Au contraire, d’après l’ONG, la situation s’est même aggravée.

Dans une société où le moteur de l’économie est la recherche coûte que coûte du profit maximum, comment s’étonner que ces malversations soient aussi courantes ? Elles ne sont pas seulement le fait de mafieux, mais aussi de trusts de l’agroalimentaire qui peuvent frauder eux-mêmes, ou qui le plus souvent incitent leurs sous-traitants à le faire, en leur imposant des tarifs toujours plus bas.

Par ailleurs, l’ONG dit sa difficulté à avoir accès à des informations précises concernant le nom des marques et des produits concernés, les quantités ou les lieux de vente, etc. Tout cela relève du secret des affaires, auquel les capitalistes tiennent tout particulièrement, car il rend les malversations plus difficiles à détecter.

Foodwatch déplore d’ailleurs que l’État consacre de moins en moins de moyens pour lutter contre ces fraudes. D’après l’ONG, le nombre des inspections sur la sécurité sanitaire des aliments a diminué de 33 % entre 2012 et 2019. Plus les industriels fraudent, moins l’État contrôle. Cela ressemble à de la complicité !

Arnaud LOUVET