Éducation : face à l’épidémie et aux économies

31 Mars 2021

Vendredi 26 mars, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a annoncé que, dans les 19 départements confinés, une classe sera fermée dès qu’un cas de Covid sera détecté, au lieu de trois auparavant.

Il n’a rien dit concernant les établissements scolaires situés dans les autres départements, rien concernant les cantines désignées comme le lieu de contamination principal, rien sur les tests. Et surtout il n’a rien annoncé comme moyens supplémentaires en enseignants et personnels nécessaires pour tout faire fonctionner.

Avec l’emballement de l’épidémie, le nombre d’enseignants absents a fortement augmenté et leur remplacement est devenu impossible, faute de recrutement. Le problème du personnel non remplacé dans les établissements scolaires n’est pas nouveau. Mais, avec l’épidémie, le système scolaire craque et est dans l’incapacité de fonctionner dans bien des endroits. Dans de nombreux départements, comme le Val-de-Marne par exemple, il n’y a plus un seul remplaçant disponible. Dans les écoles, les élèves sans professeur sont répartis dans les autres classes ou restent chez eux, lorsque les parents peuvent les garder. Dans une école du Perreux-sur-Marne, les élèves se sont retrouvés à 57 dans la même classe. Un comble, vu la situation sanitaire !

Blanquer n’a cessé de marteler que les écoles ne doivent fermer qu’en « dernier recours », cherchant ainsi à entretenir l’image d’un gouvernement pour lequel l’éducation constituerait une priorité. Mais depuis le début de l’épidémie, il y a un an, aucun moyen supplémentaire n’a été consacré à l’école. Le ministre s’était engagé à recruter 6 000 professeurs contractuels dans le premier degré et 8 000 assistants d’éducation dans le second degré entre novembre 2020 et février 2021. Et finalement seuls 2 200 contractuels dans le premier degré et 2 700 dans le second ont été appelés.

Maintenir les écoles ouvertes ne répond, pour le gouvernement, qu’à une priorité : éviter aux parents d’avoir à s’arrêter de travailler pour garder leurs enfants, et permettre ainsi aux entreprises de continuer à fonctionner. Mais ni le problème des parents ni celui des conditions dans lesquelles les élèves sont accueillis dans les établissements n’est sa préoccupation.

Joséphine Sina