Ukraine : grèves pour le paiement des salaires

22 Décembre 2020

Le 21 décembre, en Ukraine dans la région de Kirovograd, les mineurs d’uranium de la société d’État VostGOC, en grève illimitée depuis une semaine, ont bloqué les routes pour exiger le paiement de leurs arriérés de salaires.

Le 9 décembre, pour les mêmes raisons, leurs camarades des houillères de Lvov et de Volhynie (dans l’ouest ukraïnophone) ainsi que de Donestk (dans l’est russophone) avaient cessé le travail au fond des puits, tandis que d’autres bloquaient les routes et manifestaient devant les sièges locaux du pouvoir. Mi-septembre, cette fois dans le sud du pays, à Krivoï Rog, 400 mineurs de fer en grève s’étaient barricadés, au fond, durant plus d’une semaine.

Il y a eu des grèves et manifestations de mineurs dans douze villes, dont Kiev, la capitale, en quelques jours. Le phénomène et les protestations qu’il engendre ont pris une telle ampleur que le gouvernement de Zelenski a prévu de dédier la journée du 23 décembre à discuter à la Chambre des députés sur les moyens d’éteindre les dettes, salariales et autres, des mines étatisées.

Ces bavardages au sommet ne visent qu’à donner le change. Depuis la fin de l’URSS en 1991, les mineurs ukrainiens n’ont cessé de devoir se battre pour simplement toucher leur dû. Et avec la brutale aggravation de la crise mondiale et ses répercussions sur un État ukrainien au bord de la faillite, celui-ci se soucie moins que jamais de subventionner les mines, et surtout de payer ceux qui les font marcher !

La question ne concerne pas que les mineurs de fer, de charbon ou d’uranium. Depuis un an, on apprend presque quotidiennement qu’ici des soignants, là des métallurgistes, ailleurs des chauffeurs de bus ou des travailleurs d’autres corporations font grève, bloquent le trafic routier, manifestent pour toucher leurs salaires impayés, parfois depuis des mois.

Les travailleurs ukrainiens, qui adressent leurs exigences aux autorités, n’ont rien à espérer de cet État aux petits soins pour les oligarques et bureaucrates locaux, ainsi que pour les grands groupes et financiers occidentaux qui pillent le pays. Ni d’ailleurs des États de l’Union européenne, auxquels certains grévistes se sont aussi adressés ces derniers temps, car leurs dirigeants savent trop bien ce que leurs capitalistes arrivent à tirer de la population laborieuse de ce pays exsangue, devenu le plus pauvre d’Europe par habitant, pour s’en émouvoir.

Pierre LAFFITTE