Tests : la poule aux œufs d’or

22 Décembre 2020

Les files d’attente se multiplient devant les laboratoires d’analyse où des dizaines de milliers de personnes viennent se faire tester.

La France est devenue le troisième pays en nombre de tests, avec début septembre, près de deux millions de tests chaque semaine. À ce rythme, on en sera à 30 millions de tests fin décembre.

Pour que la population puisse se faire tester massivement, le gouvernement a décidé en juillet 2020 que les tests PCR, antigéniques et sérologiques seraient pris en charge par l’Assurance maladie, même sans présenter d’ordonnance. La facture pour la Sécurité sociale est donc salée, estimée à près de 250 millions d’euros par mois, certains avançant même le chiffre de 2,2 milliards d’euros depuis la décision de prise en charge. Les négociations entre l’Assurance maladie et les syndicats des laboratoires ont abouti à un remboursement sur la base de 73,50 euros par test PCR.

Les laboratoires d’analyse médicale se frottent les mains : ils ont estimé que le confinement de mars-avril leur avait coûté entre 200 et 300 millions de baisse d’activité, mais se sont largement rattrapés avec la flambée des tests. Un économiste de la Santé, Frédéric Brizard, estime que s’il faut environ 100 000 euros pour acheter une machine, la rentabilité sur un test est de l’ordre de 30 à 40 %. Et bien sûr cette manne profitera d’abord aux grands laboratoires et notamment aux six plus grands qui regroupent près de 50 % de l’activité des 4 000 laboratoires du pays. Le premier d’entre eux, Les biologistes indépendants (LBI), emploie 7 268 personnes dans ses 590 laboratoires.

Les mesures prises par le gouvernement ont favorisé ces grands groupes privés qui savent négocier les prix les plus élevés et ont l’oreille du pouvoir.

Cédric DUVAL