Rafale : c’est Noël pour Dassault

22 Décembre 2020

À la veille de Noël, la ministre de la Défense Florence Parly était attendue à Athènes pour conclure la vente de dix-huit avions de combat Rafale à l’armée de l’air grecque.

Malgré le flou d’usage dans ce genre d’affaires, on a pu savoir de la bouche du Premier ministre grec que la somme en jeu avoisinait les deux milliards, la plus grosse partie pour les Rafale eux-mêmes, et quelque 300 millions pour le missilier MBDA. Le gros cadeau annoncé depuis plusieurs mois à Dassault se concrétise donc, sous la forme d’une commande de six Rafale dernier cri, et du remplacement de douze autres, cédés par l’Armée de l’air française à son homologue grecque, après avoir « été utilisés un peu », selon le mot du chef du gouvernement d’Athènes.

Dassault peut parfaitement se satisfaire de ce contrat, car malgré sa partie vente d’occasion, il sera très rentable. L’avionneur pourra facturer, outre la révision des Rafale, la formation de pilotes et de mécaniciens locaux et la livraison de documentation et de pièces de rechange, le coût du retrait des équipements liés à la précédente mission nucléaire et à l’adaptation aux besoins du nouveau client.

Et, double ration de dessert pour Dassault, la commande de six appareils neufs pour la Grèce s’accompagnera du remplacement pour l’armée française des douze avions d’occasion vendus à la Grèce. Tous sont contents, de la ministre au chef d’état-major de l’Armée de l’air et à Dassault.

Peu leur importe si cet argent, soit plus du tiers du budget militaire de la Grèce, part en fumée alors qu’il aurait pu servir à construire dix hôpitaux modernes dans ce pays pauvre d’Europe.

V.L.