Prisons : traitements inhumains et dégradants

05 Février 2020

Le 30 janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamnait de nouveau la France pour traitements inhumains ou dégradants dans les prisons.

L’arrêt de la CEDH évoque un problème structurel, devant faire l’objet au plus vite de mesures générales. Selon les chiffres du ministère de la Justice, au 1er janvier, 70 651 détenus étaient recensés en France, pour 61 080 places opérationnelles, soit un taux de densité carcérale de 116 %. En 2019, le nombre de matelas au sol s’élevait à 1 497, contre 1 353 l’année précédente. La surpopulation implique la promiscuité, l’absence d’intimité, d’activités, les frictions entre prisonniers, ou encore la présence de rats, souris et insectes.

La France a déjà été condamnée à 17 reprises par la CEDH pour les conditions matérielles auxquelles les détenus sont soumis, et on ne peut espérer que cette énième condamnation ait plus d’effets que les précédentes. Dans un contexte où les gouvernements cherchent à réduire les dépenses publiques, les prisonniers sont parmi les premières victimes des réductions budgétaires.

Aucun arrêt de la Cour européenne ne mettra fin aux maltraitances dans les prisons, le gouvernement français se montrant totalement indifférent aux condamnations. Si un changement structurel s’impose, c’est celui de la politique gouvernementale.

Léna PIGALLI