Crise climatique : agir contre le système capitaliste

09 Octobre 2019

Samedi et dimanche 5 et 6 octobre, des militants écologistes du mouvement Extinction rébellion ont occupé un centre commercial à Paris. Et à partir de lundi après-midi ils ont occupé à plusieurs centaines la place du Châtelet, bloquant ainsi la circulation dans le centre de Paris. Ils veulent, par ces actions, agir contre les changements climatiques.

Ce mouvement, apparu en 2018 en Grande-Bretagne, organise durant une semaine diverses actions similaires dans plusieurs pays, dont une devant Wall Street. Ils dénoncent avant tout l’inaction des gouvernements contre la pollution et la dégradation de l’environnement.

Leur colère et leur méfiance à l’égard des gouvernements sont justes. Comme tout un chacun, ces manifestants constatent le décalage entre les paroles doucereuses des gouvernants et le fait qu’ils laissent les pollueurs agir. Du coup, leur volonté de réagir sans plus attendre, et hors des cadres institutionnels qui ne servent qu’à ronronner, est légitime. D’autant plus qu’au moins formellement ils récusent les idées moralisatrices et accusatrices contre les individus, qui servent avant tout à détourner l’attention des véritables responsables.

Les militants d’Extinction rébellion mettent justement en cause le système capitaliste et ses responsabilités dans la crise climatique. Mais mettre en cause la prétendue société de consommation ou le productivisme empêche de comprendre que la véritable logique du système n’est ni de consommer plus, ni de produire plus, mais de créer davantage de profits, par n’importe quel moyen, y compris en produisant des marchandises bio ou veganes.

La logique du profit et la propriété privée des moyens de production sont les deux aspects du système qui permettent à des capitalistes d’ouvrir ou de fermer des usines à leur gré, d’utiliser dans leurs usines des produits dangereux, sans même devoir rendre de comptes.

Alors, il y a urgence à agir tout de suite, c’est vrai. La société court à sa perte, c’est vrai. Mais combattre vraiment le système nécessite de se demander comment. Si des actions d’éclat permettent de se faire entendre, elles n’empêchent en rien ceux qui dirigent l’économie de continuer à le faire et à s’approprier le profit provenant du travail de millions de prolétaires à travers le monde, des femmes et des hommes qui, parce qu’ils produisent avec leur tête, leurs bras et leur sueur toutes les richesses du monde, possèdent aussi les moyens de mettre fin à la logique criminelle de l’économie capitaliste. Se soucier de l’avenir de l’humanité, c’est d’abord prendre conscience que seule la révolte consciente de ces millions de prolétaires contre le système qui les exploite peut être porteuse d’avenir. En luttant contre leurs exploiteurs, ils ont les moyens d’ôter les rênes de l’économie des mains de ces capitalistes irresponsables et de bâtir une économie enfin régie par les besoins de l’humanité, et non par le profit.

Marion AJAR