Personnes handicapées : le gouvernement fait moins que le minimum

08 Mai 2019

La secrétaire d’État chargée du handicap s’est répandue dans les médias pour vanter la future revalorisation de l’AAH (allocation adulte handicapé) de 40 euros par mois au 1er novembre prochain, après son augmentation de 50 euros en novembre 2018.

La réalité est évidemment bien loin des annonces ministérielles. Une bonne partie du 1,1 million de personnes qui touchent l’AAH n’ont pas vu d’augmentation, ou alors très partielle car son montant dépend des revenus du foyer fiscal. En plus, le gouvernement a discrètement gelé les plafonds de ressources permettant d’en bénéficier, réduisant d’autant le nombre de ceux qui pouvaient y avoir droit.

Les associations de personnes handicapées ont tenu à rappeler que dans le même temps, la pension attribuée à plus d’un million d’autres personnes pour une invalidité professionnelle leur interdisant de reprendre leur activité n’a été revalorisée que de 0,3 %.

En réalité, loin d’être une avancée énorme comme le prétend la secrétaire d’État en charge du dossier, la revalorisation de l’AAH ne permet pas de vivre décemment et son montant reste bien en dessous même du seuil de pauvreté.

Macron a prétendu faire de la lutte contre le handicap une priorité du quinquennat, promettant de multiples mesures après la grande conférence sur le handicap, de l’été prochain.

Aux promesses de « créer une école, une entreprise, un habitat inclusifs », il faut confronter l’insuffisance du personnel dans les écoles pouvant permettre aux élèves en situation de handicap de suivre une scolarité normale. Les licenciements et le chômage sont encore plus importants parmi les personnes handicapées jugées comme pas assez rentables. Le gouvernement a aussi supprimé les normes obligeant les promoteurs à rendre les logements neufs accessibles à 100 % aux personnes handicapées.

Selon un sondage paru récemment, neuf personnes handicapées sur dix n’attendent rien de ce gouvernement pour améliorer leur situation. Leur présence remarquée lors des manifestations de gilets jaunes montre en tout cas qu’elles ne sont pas dupes, ni prêtes à se laisser tondre la laine sur le dos par un gouvernement dont la préoccupation est d’aider les plus riches à l’être encore plus.

Gilles BOTI