Honeywell – Beauvais : les victimes de l’amiante condamnées

08 Mai 2019

36 anciens salariés d’Honeywell-Allonne, près de Beauvais dans l’Oise, vont être contraints de rembourser les 8 000 euros que la justice avait condamné leur employeur à leur verser, en 2016, au titre du préjudice d’anxiété pour l’intoxication à l’amiante.

La Cour d’appel de Douai, qui a émis cette sentence, s’appuie sur une argutie juridique : au moment où ils ont été licenciés, les salariés ont signé une renonciation à tout recours en justice… Alors qu’à la date de leur licenciement, le préjudice d’anxiété n’existait pas juridiquement : il n’a été introduit qu’en 2010 !

Ceci se produit alors que leurs quelque 400 anciens collègues de Bosch (les deux entreprises n’en faisaient qu’une jusqu’en 1990), qui eux aussi ont lancé une procédure similaire – mais sans avoir signé de renonciation –, sont en passe de gagner. De plus, le préjudice d’anxiété vient d’être élargi par la Cour de cassation à tous les travailleurs exposés à l’amiante.

Exposés à l’amiante toute leur vie professionnelle, dans l’anxiété de risquer d’en mourir ensuite, voilà les travailleurs condamnés. Pour protéger les intérêts des capitalistes, le système judiciaire a plus d’un tour dans son sac.

Correspondant LO