Européennes : 33 listes, pourquoi pas ?

08 Mai 2019

Les 33 listes enregistrées au Journal officiel pour les élections européennes du 26 mai constituent paraît-il un record.

Certains commentateurs y voient un problème. Un journaliste du Monde parle à ce propos de capharnaüm. Mais, quand les médias sélectionnent qui leur plaît pour un débat, est-ce cela leur démocratie ? Pour eux, les élections consistent à choisir des candidats simplement rivaux, mais pas différents, et le fait que ceux qui le souhaitent puissent se présenter aux élections semble les scandaliser.

C’est aux électeurs de choisir, et pas aux institutions de décider qui est apte à se présenter et qui ne l’est pas. Participer aux élections nécessite de plus des moyens financiers importants, pour imprimer les bulletins de vote et les circulaires, ce qui déjà entrave la liberté d’expression et favorise les partis de notables ayant les moyens et des soutiens fortunés.

Il est vrai que plusieurs listes se situent à l’extrême droite, et même encore à droite de Le Pen. Mais si on assiste à une montée de courants réactionnaires, racistes et xénophobes, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on cassera la fièvre.

Le problème, c’est bien plutôt que nombre de listes, qualifiées de grandes ou de petites, ne défendent pas en fait d’idées bien différentes. Elles font référence aux intérêts de la France, des Français ou des Européens, mais bien rarement à ceux des citoyens de la planète et des travailleurs. En majorité, les listes en présence ne remettent pas en cause le système capitaliste et se présentent comme des gens qui pourraient gérer mieux cette société dirigée par la bourgeoisie.

Certaines listes entendent capter les voix d’électeurs sensibles au désastre écologique, mais sans conclure à la nécessité d’exproprier les capitalistes, ce qui serait indispensable pour que l’humanité devienne vraiment maîtresse de son destin.

Notons que, pour une fois, le Parti communiste est sous son propre drapeau mais que, tout comme Mélenchon, il parle des « gens » pour éviter de parler des travailleurs ou de la classe ouvrière.

La liste “Lutte ouvrière – contre le grand capital, le camp des travailleurs”, que conduisent nos camarades Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, est parmi ces 33 listes la seule qui se place sur le terrain de la classe ouvrière, clairement et uniquement. Elle veut exprimer les exigences des travailleurs et de l’immense majorité, dans une opposition qui ne se limite pas à vouloir chasser Macron, et qui affirme la nécessité d’une Europe débarrassée du capitalisme, dans la perspective du communisme. Une présence indispensable !

Jean SANDAY