Éducation nationale : la mobilisation se poursuit

10 Avril 2019

Jeudi 4 avril, dans de nombreuses villes, des enseignants, des membres du personnel de vie scolaire et des parents ont manifesté de nouveau contre la loi Blanquer. Le mouvement a surtout été un succès dans le premier degré.

Le principal syndicat des professeurs des écoles (la FSU-SNUIPP) annonçait 25 % de grévistes avec de fortes disparités puisqu’on comptait 70 % de grévistes à Paris et 50 % en région parisienne. Dans certaines villes, comme à La Courneuve par exemple, les enseignants étaient massivement en grève dans les collèges, lycées et écoles de la ville et le lendemain les parents étaient appelés à bloquer les écoles dès 7 h 30. Les initiatives foisonnent pour dénoncer la réforme Blanquer : parents et enseignants occupent les établissements la nuit, d’autres parents occupent symboliquement les bureaux des directeurs. Certains enseignants refusent de remonter des évaluations, d’autres mettent 20 sur 20 à tous les devoirs.

Jean-Michel Blanquer a beau tenter de désamorcer la contestation en qualifiant de « bobards » les inquiétudes des enseignants et des parents, sa réforme ne passe pas. Et pour cause, elle est un prétexte pour diminuer le nombre de postes dans l’Éducation et ce à tous les niveaux. Et il n’est guère étonnant que ce soit dans le primaire que la mobilisation réunisse aussi bien les parents que les enseignants.

Car les attaques sont nombreuses : il est prévu de faire passer un ensemble d’écoles sous le contrôle administratif d’un principal de collège, en supprimant les directeurs. Cette mesure permettrait d’enlever des décharges aux directeurs et de les renvoyer devant les classes. Et les parents savent bien que les directeurs ont un rôle indispensable d’accueil et de soutien aussi bien pour obtenir un certificat de scolarité que pour résoudre un problème plus urgent. Ce sont aussi eux qui font le lien avec les mairies en cas de dysfonctionnement.

D’autre part, alors que 97 % des enfants de trois ans sont scolarisés, l’école devient obligatoire pour les enfants de cet âge. C’est en fait un beau cadeau aux écoles privées puisque cela contraint les municipalités, sous prétexte d’égalité, à accroître leurs subventions aux écoles privées. Cela représente la bagatelle de 150 millions d’euros, que les mairies, déjà souvent étranglées par des dotations en baisse, vont devoir trouver. Mais comme le texte prévoit également de transformer l’école maternelle en jardin d’enfants, permettant ainsi de supprimer les apprentissages pédagogiques qui coûtent cher, c’est bien aux dépens de l’école publique que vont se faire ces économies !

Le texte prévoit également de recourir à des étudiants-contractuels pour remplacer les professeurs des écoles. Ces salariés sous-payés et non formés se retrouveront dans les zones les moins bien dotées, la Seine-Saint-Denis par exemple, ou certaines zones rurales. À cela s’ajoute une nouvelle réforme de la formation des professeurs des écoles, qui s’est justement dégradée de réforme en réforme.

Les parents d’élèves comme les enseignants comptent bien poursuivre leur mobilisation. Après le mardi 9, ce sera jeudi 18 avril, jour d’un nouvel appel national.

Aline URBAIN