Services publics : une régression qui frappe les plus pauvres

13 Mars 2019

Le rapport 2018 du défenseur des droits, un organisme officiel dirigé par Jacques Toubon, vient d’être publié. Il illustre combien le délabrement ou la disparition progressive de services publics essentiels frappe les plus défavorisés.

Ainsi la dématérialisation des démarches administratives, c’est-à-dire l’obtention de documents par Internet, est généralisée dans de nombreux services, permettant de réduire les effectifs d’accueil au public. Si cela constitue un progrès pour certains, ce n’est pas le cas pour beaucoup, notamment pour les 7,5 millions de personnes privées d’une couverture Internet de qualité, en particulier dans les petites communes. Des centaines de milliers de personnes ont par exemple été privées de permis de conduire ou de cartes grises, faute de pouvoir les obtenir au guichet.

Les conséquences des suppressions d’effectifs dans les services publics sont dramatiques. Des retraités, en raison des suppressions de personnel dans les caisses de Sécurité sociale, ont dû attendre plusieurs mois après leur cessation d’activité pour obtenir leur pension.

Le rapport souligne que le manque de moyens pour la protection de l’enfance se traduit par des mesures d’assistance éducative qui ne sont pas exécutées. Des enfants se retrouvent aussi placés dans des lieux inadaptés.

Le suivi médico-social des enfants handicapés, par exemple en orthophonie, est également négligé, faute de financement ou de personnel dans les structures publiques.

Venant d’un ancien ministre de droite, haut commis de l’État et loyal serviteur de la bourgeoisie, ce rapport est d’autant plus accusateur. Il est à lui seul une illustration de la régression générale que le capitalisme en crise inflige à l’ensemble de la société, et particulièrement aux plus pauvres et aux plus fragiles.

Christian BERNAC