CTM – Saint-Denis : en grève depuis le 23 janvier

13 Mars 2019

Les six chauffeurs de cars du Centre technique municipal (CTM) de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, sont en grève depuis plus de 46 jours, et ils bloquent l’entrée du centre. Deux d’entre eux ont commencé une grève de la faim.

La municipalité PCF continue de faire la sourde oreille et refuse de revenir sur l’ensemble des attaques qu’elle a programmées contre les chauffeurs. En effet, elle voulait leur retirer leur prime de panier, leur enlever d’une heure à une heure et demie de salaire quand ils sont en déplacement, au prétexte qu’ils prennent leur pause-déjeuner. Et surtout, elle ne voulait plus leur payer leurs heures supplémentaires, ce qui reviendrait certains mois à amputer leur salaire de 200 à 300 euros.

Au bout de plus d’un mois de grève, le maire de Saint-Denis, Laurent Russier, est revenu sur une partie de ces attaques. Ainsi, il remplace la prime de panier par un panier-repas, et accepte de payer l’intégralité des heures de déplacement. Mais, comme le faisaient remarquer les chauffeurs, cela revient tout simplement à respecter la législation en vigueur.

Sur les heures supplémentaires, le maire accepte d’en payer 25 dans les périodes de pic d’activité, c’est-à-dire entre avril et août, le reste devant être récupéré. Il refuse en revanche de payer au moins quinze heures supplémentaires par mois en période creuse et oblige les chauffeurs à les récupérer à la convenance du chef du service. Au bout de six mois, si ces heures ne sont pas récupérées, elles seront perdues.

Pour les chauffeurs, cela ne fait pas le compte, et ils ne veulent pas de ces jours de récupération laissés au bon plaisir de la direction. Ils savent aussi que la municipalité s’attaque d’abord à leur service parce qu’ils sont peu nombreux et que c’est un coup d’essai. D’autres services génèrent aussi beaucoup d’heures supplémentaires, pour l’instant payées en grande partie. Ces services n’ont pas été inquiétés, pour le moment.

En bloquant le CTM, les chauffeurs essaient aussi de s’adresser à leurs collègues. Jeudi 7 mars, le maire leur a même envoyé la police municipale pour les obliger à évacuer l’entrée du parking. Une violente bousculade a eu lieu, mais les chauffeurs ont maintenu leur piquet de grève. Ils ont bien l’intention de faire reculer totalement la municipalité.

Correspondant LO