ATE – Toulouse : trois jours de lutte

13 Mars 2019

C’est pour dénoncer leurs conditions de travail qu’une cinquantaine de travailleurs d’Aéro technique espace (ATE) à Cornebarieu en banlieue toulousaine, soit toute l’unité de production, ont fait grève pendant trois jours, du 7 au 9 mars.

ATE est une entreprise de peinture, sous-traitante d’Airbus et d’ATR. Dans la salle de peinture, les peintres qui travaillent en horaires 3X8, même s’ils sont équipés de leurs protections individuelles, utilisent des produits dangereux : peinture, sous-couches, mastic, qui contiennent du chrome VI (hexavalent). C’est un composé chimique cancérigène et mutagène. Bien que l’utilisation de ce composé soit interdite depuis septembre 2017, certaines entreprises ont eu des dérogations, notamment dans la filière aéronautique.

La salle de peinture a été modifiée il y a quelques semaines, et les conditions d’aspiration et de filtration des composés toxiques sont devenues insuffisantes. Certains travailleurs des bureaux doivent se mettre à leur ordinateur avec des masques à cartouche.

L’inspection du travail et la Carsat ont effectué des contrôles et estimé que le système d’aspiration était dix fois inférieur aux normes de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité).Mais rien n’a été réalisé. Alors que les salaires sont bloqués depuis cinq ans, en principe pour remettre ces aspirations aux normes.

La direction nie toute responsabilité. Elle ose dire que les salariés en maladie professionnelle à cause des produits qu’ils manipulent le sont à cause de l’alcoolisme. Révoltant !

Vendredi 8 mars, la direction s’est engagée à améliorer les conditions d’aspiration, mais traîne des pieds pour faire des analyses et rassurer les travailleurs. Pour ceux-ci, c’est une question de dignité et, si la direction ne fait pas ce qu’il faut, ils sont prêts à se faire entendre à nouveau.

Correspondant LO