Aéroport de Roissy : bienvenu… ou perdu de vue

13 Mars 2019

« Question ? Paris offre le sourire… » dit ADP dans ses pubs. Sauf que, pour les passagers, c’est plutôt « perdu de vue » car, à Roissy, ADP ferme ses points d’information. Les passagers perdus s’adressent à tout ce qui porte un badge ou ressemble à quelqu’un travaillant à l’aéroport.

Le poste principal d’information à la sortie du RER au Terminal 2 est désormais fermé. Les voyageurs se rapprochent du stand voisin, Bagages du monde, censé s’occuper seulement des bagages, pas des renseignements. Pratique pour ADP de faire faire le renseignement par d’autres !

ADP a passé un marché avec un sous-traitant, City One Welcome, et ce sont des salariés de cette entreprise, en uniforme et gilet orange, qui arpentent les halls et abordent les voyageurs perdus. Pour être embauché chez City One Welcome, il faut parler deux langues au moins mais, si on parle en plus arabe ou portugais, c’est apprécié. Les payes sont juste au-dessus du smic. Il n’y a plus de comptoir, il faut rester de longues heures debout sans jamais s’asseoir. La pause repas est une heure non payée, donnée à n’importe quelle heure, même à 9 ou 10 heures du matin. Durant la pause, il est difficile d’aller dans les salles de repos. Selon l’endroit où l’on travaille, ces salles sont éloignées : il faudrait prendre une navette et marcher 15 à 20 minutes. Parfois le vestiaire est plus près, mais ce sont des locaux sans fenêtre, pas équipés, sans même un appareil à café, à côté des poubelles. Ça, c’est de l’accueil !

Chez ce sous-traitant, comme tant d’autres sur l’aéroport, la précarité des contrats est monnaie courante. Les contrats pro chez City One existent aussi. Pro, c’est bien sûr une blague : les salariés sont envoyés sur le terrain en 24 heures, ils n’ont de pro que l’appellation, puisque le contrat ne débouche sur rien, et surtout pas sur un diplôme. Pour ce patron, c’est un moyen pour payer moins, sans s’engager à embaucher.

Welcome, bienvenue… chez City One. Quant à ADP, cela lui a permis de supprimer 300 postes d’accueil sur Orly et Roissy.

Correspondant LO