Ehpad Maisons-Alfort : des conditions indignes

06 Mars 2019

Les aides-soignantes de l’Ehpad « Le temps des roses » ex-Tiers Temps, à Maisons-Alfort dans le Val-de-Marne, ont fait grève jeudi 28 février pour empêcher le licenciement d’une de leurs collègues.

Après une journée mouvementée, la direction a finalement fait marche arrière et annulé la mise à pied conservatoire. Dès le matin, la direction avait fait appel à la police pour évacuer la salariée et tenter d’impressionner ses camarades qui s’étaient mises en grève pour la soutenir.

La direction avait monté une affaire de toutes pièces pour se débarrasser de cette travailleuse, l’accusant d’avoir giflé une de ses collègues et amies ! C’est tellement faux que celle-ci s’est mise en grève avec elle et les autres collègues en disant que si elle ne travaille pas, personne ne travaille.

En fait, il s’agit pour la direction de faire taire les personnes qui résistent à sa tentative de réduire les effectifs. Une grève avait déjà eu lieu le 1er février à la nouvelle qu’un poste était supprimé. La grève avait empêché cette suppression, mais la direction n’a pas pour autant renoncé à ses objectifs et depuis la situation est tendue. Elle essaye de mettre en place la nouvelle organisation, avec un effectif réduit et une répartition du travail entre les salariés restants.

Dans cet Ehpad, comme dans beaucoup d’autres, le personnel travaille en sous-effectif chronique avec des amplitudes horaires éreintantes : quatre aides-soignantes pour 66 résidents, le ratio journalier est de moins de 0,2 alors que la CGT revendique un soignant par résident.

Les salariées se retrouvent seules pour assurer les soins et le déplacement de personnes très dépendantes. Malgré tous leurs efforts, le travail n’est pas assuré comme il devrait l’être dans le respect des résidents. Récemment une aide-soignante devant déplacer seule un résident dépendant est tombée sous le poids, et a eu deux vertèbres cassées.

Cette organisation indigne du travail ne sert que les intérêts financiers du groupe, au détriment de la prise en charge des résidents, des conditions de travail et de la vie personnelle des salariés. Les résidents, leurs familles souffrent de cette situation d’effectifs insuffisants, d’économies sur les moyens alors qu’ils doivent payer 3 500 euros par mois (on vient même de supprimer les bouteilles d’eau pour les résidents !). Le marché de ces maisons de retraite, l’or gris, est un nouvel Eldorado pour les groupes financiers.

Avec le soutien de beaucoup de familles, les salariées de l’Ehpad restent vigilantes et mobilisées pour imposer des embauches et davantage de moyens.

Correspondant LO