Infirmières et infirmiers : eux aussi sont dans la rue

21 Novembre 2018

Mardi 20 novembre les infirmières et infirmiers étaient appelés à se mobiliser par seize organisations syndicales des hospitaliers et des libéraux.

Elles dénoncent l’absence de considération, le fait que les compétences ne soient pas reconnues, le mépris du gouvernement qui, dans son plan santé, ignore les infirmiers. La porte-parole de la Coordination infirmière nationale pointe dans ce plan la formation d’assistants médicaux, financée par l’Assurance maladie pour assister les médecins libéraux, alors qu’on refuse aux infirmières d’accéder à leurs demandes sous prétexte qu’il n’y a pas d’argent. Des hospitaliers parlent de revendications concernant les conditions de travail, le salaire : une infirmière débutante ne gagne que 1 400 euros mensuels.

En fait le malaise est commun. Aux revendications du personnel soignant des hôpitaux, qui dénonce, comme en témoignait une infirmière de l’hôpital Nord de Marseille, le manque d’effectif, le travail à la chaîne au détriment du contact humain, l’épuisement physique et psychologique et un salaire insuffisant, correspondent des revendications des infirmières et infirmiers libéraux.

Leur journée, c’est plusieurs dizaines de visites par jour, parfois 50 à 60 selon certains témoignages, sept jours sur sept, et une charge de travail accrue avec le développement de la médecine ambulatoire et le renvoi des malades de plus en plus tôt à leur domicile. La tarification des actes médicaux par l’Assurance maladie, dont ils demandent la revalorisation, est bloquée à des montants dérisoires : 3,15 euros l’injection ou 6,50 euros le pansement. Quant aux déplacements, ils ne sont payés que 2,50 euros, un tarif sans aucun rapport avec les frais réels surtout quand, en milieu rural, on accumule les kilomètres.

Soignants en hôpital ou infirmiers libéraux, au-delà des revendications catégorielles diverses dans la profession, et au-delà même de leur profession, leur problème est celui de tous les travailleurs pour qui le minimum serait un revenu correct pour vivre sans s’épuiser au travail.

Sylvie MARÉCHAL