Gilets jaunes : le mépris et la matraque du gouvernement

21 Novembre 2018

« On a entendu de la colère mais on a aussi entendu de la souffrance », pleurnichait le Premier ministre à la télévision après deux jours de mobilisation des gilets jaunes. Et de faire allusion « aux inquiétudes et au sentiment de déclassement, d’abandon ressenti par une partie de la population ».

Mais « Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap », ajoutait le Premier ministre satisfait. Même ligne politique mais autre ton chez son collègue de l’Intérieur, adepte du coup de bâton, comme l’ont démontré de nombreuses interpellations et même un jugement de prison ferme contre un manifestant qui avait tenté de bloquer l’autoroute. Castaner se répand sur la prétendue dérive du mouvement des gilets jaunes.

Dérive, la colère de ceux qui voient leur pouvoir d’achat dégringoler ? Radicalisation, la détermination grandissante de centaines de milliers de travailleurs, autoentrepreneurs, chômeurs, retraités, qui ne parviennent plus à joindre les deux bouts ? Qui voient les écoles, les bureaux de poste, les petites gares fermer tour à tour, et à qui on impose de prendre une voiture pour se déplacer de plus en plus loin ?

Au mépris de l’un et aux menaces de l’autre est venu s’ajouter le discours non moins condescendant de Macron, premier responsable de cette politique au service des riches qui se devait, du haut de son Olympe et néanmoins réfugié en Belgique, de faire appel « au dialogue, à l’explication, à la capacité à trouver le bon rythme ». Les manifestants ne seraient que des enfants qui n’ont pas compris combien ils doivent accepter de s’appauvrir tandis que les capitalistes se gavent !

Mais « les revendications qui vont dans tous les sens », à entendre Castaner qui confond désordre et accumulation, n’ont qu’un seul sens : elles signifient toutes le refus de voir le pouvoir d’achat bloqué et expriment une détestation bien méritée à l’égard de Macron, de son gouvernement et de leur politique, même si elle ne fait que poursuivre celle de leurs prédécesseurs .

Viviane LAFONT