Crédit : cachez ces taux d’intérêt que je ne saurais voir...

21 Novembre 2018

Sous la pression des banquiers et des organismes de crédit, le gouvernement tente de supprimer quelques obligations en matière de publicité pour les crédits à la consommation.

En 2010, une loi avait imposé aux publicités, dans le but de lutter contre le surendettement, un gros encart indiquant clairement les conditions d’emprunt : le taux réellement payé par l’emprunteur et le coût final du crédit. Le projet veut supprimer cette obligation dans tous les courriers, mails ou prospectus, facilitant aux usuriers les mensonges et manipulations en tout genre.

D’autre part, l’avertissement légal : « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager », pourtant bien neutre, gâcherait, semble-t-il, l’ivresse du paradis à crédit. En tout cas, le projet gouvernemental permet qu’il ne figure plus qu’en tout petits caractères. Comme dans les contrats d’assurance, chacun sait que l’importance d’une clause est inversement proportionnelle à la taille de sa police de caractères.

Les associations de consommateurs et d’usagers des banques ont signalé leur étonnement et leur indignation, alors même que le nombre de surendettés avait justement baissé.

Mais les banques font un argent fou, non seulement sur les crédits remboursés mais encore plus sur les défauts de crédit qui leur permettent d’imposer des frais et des tarifs de renouvellement (crédit revolving) qui étranglent plus sûrement leurs victimes que le boa constrictor.

Des commentateurs s’alarment de l’usure du gouvernement. Néanmoins, il tiendra jusqu’au bout son rôle de gouvernement… des usuriers.

Christian BERNAC