Peugeot Japy – Doubs : les dépeceurs à l’œuvre

14 Mars 2018

Fournisseur de pièces pour l’automobile, l’entreprise Peugeot Japy compte 500 salariés, dont 300 CDI, 190 intérimaires et 10 CDD. Installée aux portes des usines Peugeot Sochaux, à Valentigney dans le Doubs, elle a été vendue et revendue et elle n’est plus propriété du groupe PSA mais d’un groupe sous-traitant de l’automobile, Maike Automotive, aujourd’hui en redressement judiciaire.

Ce dernier repreneur de Peugeot Japy s’est au passage gavé de subventions versées par la communauté d’agglomération, présidée à l’époque par le socialiste Pierre Moscovici.

Une grève a eu lieu le 8 mars pour protester contre les projets de reprise, qui signifieraient des suppressions d’emplois et d’importants reculs pour les travailleurs restants. Les syndicats mettent en cause PSA, qui vient d’annoncer des milliards de profits.

Deux groupes sont candidats à la reprise de l’usine, Farinia et 4A Industrie. Comme toujours, les repreneurs se présentent comme des sauveurs, mais ils proposent de laisser sur le carreau près d’une soixantaine de salariés, et annoncent d’importants reculs pour les travailleurs qui resteraient, avec le retour aux 40 heures… payées 37. Des chômeurs en plus et des travailleurs encore plus exploités, voilà ce que proposent les repreneurs !

À l’appel du maire de droite LR de Valentigney, une manifestation, à laquelle l’intersyndicale FO-CFDT-CGC et l’union locale CGT se sont ralliées, s’est déroulée dans les rues de la ville samedi 10 mars. Environ 700 manifestants ont parcouru les rues de cette commune marquée depuis plus d’un siècle par les activités industrielles des familles Peugeot et Japy.

« On veut un repreneur, pas un dépeceur », lançait la sono syndicale. Malheureusement, les repreneurs sont bien souvent des dépeceurs. En tout cas leur seul objectif est de presser un peu plus le citron, de faire de l’argent sur les dos des salariés.

Le patronat mène la guerre aux travailleurs. Bien sûr, les politiciens de droite ou de gauche protestent quand cela touche leur commune, comme l’ont fait ceux de Valentigney en prenant la tête de la manifestation du 2 mars. Mais, bien évidemment, ils ne parlent jamais d’interdire à ces entreprises de licencier. Des syndicalistes CGT les ont interpellés et qualifiés avec raison de « traîtres à la cause ouvrière » . Car ce n’est certainement pas sur eux qu’il faut compter pour imposer aux patrons de prendre sur leurs millions de profits pour maintenir les emplois.

Correspondant LO