Air France : la direction pleure misère… mais peut racheter Air India

14 Mars 2018

Après la grève du 22 février, et dans la perspective de celle du 23 mars pour la même raison, Air France ne cesse de prétendre qu’elle ne peut pas accepter 6 % d’augmentation générale des salaires, après les avoir gelés durant sept ans.

À l’écouter, cela lui coûterait 260 millions d’euros, ce que ses finances ne sauraient supporter. Mensonge ! Et c’est elle-même qui en apporte la preuve.

Depuis quelques jours, tout le petit monde du transport aérien bruisse d’une information : Air France s’apprêterait à racheter Air India, que le gouvernement indien veut privatiser. Le morceau est d’ailleurs si gros qu’Air France s’associerait dans l’affaire avec ses partenaires de l’alliance du transport aérien Sky Team, l’américaine Delta et l’indienne Jet Airways. Mais, ce faisant, le groupe Air France-KLM obtiendrait le leadership sur le marché du sous-continent indien en matière de transport aérien, en taillant des croupières à ses principaux concurrents : Lufthansa et British Airways.

Certes, ces derniers ne vont sans doute pas rester sans réagir. Mais une chose est claire : quand Air France prétend n’avoir pas le sou pour les salaires, elle n’éprouve aucune difficulté à trouver quelques malheureux milliards pour une bonne affaire.

Alors, une bonne raison de plus pour ne pas croire la direction et pour préparer le 23 mars une mobilisation encore plus importante que le mois dernier... et qui pourra démarrer dès le 22 mars, des syndicats d’Air France, dont la CGT, appelant à se mobiliser ce jour-là avec les cheminots et d’autres secteurs du public et du privé.

Correspondant LO