Stationnement : quand se garer devient un luxe

14 Février 2018

Dans de nombreuses villes d’Île-de-France, les municipalités ont non seulement augmenté leurs contraventions mais aussi le prix du stationnement.

À Paris, l’amende est passée de 17 à 50 euros dans les onze premiers arrondissements depuis le 1er janvier, date à laquelle le tarif a été laissé à la discrétion des communes. Deux sociétés privées, CSV et Streeteo, sont désormais chargées de la verbalisation et leur zèle a de quoi faire pâlir de jalousie les traditionnelles pervenches. Avec elles, la Mairie de Paris vise les 3 millions d’amendes dans l’année. Il faut dire que Streeteo est une filiale d’Indigo, qui gère 80 % des parkings parisiens. De là à penser que la « nécessaire fluidité du stationnement » mise en avant par la mairie serait un prétexte pour pousser à l’utilisation de ces parkings…

En Seine-Saint-Denis, l’un des départements les plus pauvres, l’addition est également parfois salée. Depuis le 1er février, les résidents de la ville de Saint-Denis, par exemple, doivent s’acquitter d’un forfait mensuel de 20 euros pour avoir le droit de se garer en bas de chez eux. Le maire prétend ainsi réduire la place de la voiture, et fluidifier le stationnement. En fait, il taxe des habitants qui ont déjà bien du mal à joindre les deux bouts. Deux manifestations ont déjà eu lieu et une troisième est prévue le 15 février.

Après avoir annoncé la suppression de la taxe d’habitation, Macron a laissé aux municipalités la liberté de racketter la population obligée d’utiliser sa voiture. Quelle que soit leur couleur politique, beaucoup se sont engouffrées dans ce créneau et ont répondu à son incitation.

Daniel MESCLA