Migrants : Collomb, digne successeur de Sarkozy et Valls

09 Août 2017

Dans une interview au Journal du Dimanche, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a affirmé qu’il voulait distinguer, parmi les migrants, « ceux qui fuient guerres et persécutions » et « ceux dont la migration obéit à d’autres ressorts, notamment économiques ».

Ce tri entre « bons » et « mauvais » migrants est choquant car les femmes et les hommes qui risquent leur vie pour venir en France, qu’ils fuient la misère ou les violences, doivent être accueillis dignement. Voilà en quoi consisterait une attitude généreuse, puisque le ministre prétend vouloir faire preuve de « générosité et d’efficacité ». Affirmer que la France, un des pays les plus riches du monde, ne pourrait pas assumer financièrement un tel accueil, c’est un mensonge grossier que reprend ce gouvernement dans la continuité de ses prédécesseurs.

Ce type de discours prétendant établir une distinction parmi les migrants est d’autant plus scandaleux que même pour accorder le statut de réfugié politique, les critères sont en grande partie arbitraires. Ainsi, dans son interview, Collomb s’emploie à montrer du doigt les Albanais qui seraient censés venir d’un pays sûr. Il se vante ainsi du bon chiffre des retours forcés dans ce pays : « En 2016, 1 140 personnes y ont été renvoyées. Et j’ai donné des consignes aux préfets pour que ce mouvement soit accentué. » Collomb est ainsi le digne successeur de Sarkozy et Valls, champions en démagogie xénophobe.

En réalité, le gouvernement ne manifeste aucune générosité à l’égard de ceux qui recherchent l’asile politique. En 2016, 85 726 demandes ont été enregistrées à l’OFPRA (l’Office français de protection des réfugiés et apatrides) qui a pris 19 982 décisions d’accord contre 14 119 en 2015. Car pour obtenir le fameux brevet de réfugié politique, il faut réunir des preuves que les migrants, qui ont traversé de nombreuses frontières en se faisant dépouiller de leurs maigres biens par les passeurs, en perdant leurs papiers, n’ont bien sûr que très rarement les moyens de fournir. Ainsi chaque année, plus de 65 000 personnes sont déboutées de leur demande. Elles se retrouvent alors menacées d’être renvoyées dans leur pays où elles pourront mourir sous les bombes ou de famine !

En prétendant distinguer réfugiés politiques et migrants économiques, le gouvernement justifie en fait une politique répressive et inhumaine à l’égard de tous les migrants.

Aline URBAIN