Bousculade à la mangeoire : Montebourg se déclare

24 Août 2016

Misant sur le dégoût que provoque la politique de Hollande, Montebourg a déclaré dimanche 21 août : « Il m’est impossible, comme à des millions de Français, de soutenir l’actuel président de la République. »

Pas grand-chose par contre sur son soutien à Hollande en 2012 et le bilan de ses 27 mois au gouvernement en tant que ministre du Redressement productif. Et encore moins sur le fait qu’il a cautionné la politique d’austérité contre les travailleurs, la loi de sécurisation de l’emploi et qu’il s’est aplati devant les patrons licencieurs de Mittal ou de PSA, après avoir assuré de son soutien les travailleurs en lutte contre la fermeture de ces entreprises.

Le seul retour de Montebourg sur son passage au gouvernement consiste à expliquer, avec la modestie qu’on lui connaît : « La faute que j’ai commise, c’est celle de n’avoir pas réussi à infléchir, corriger, convaincre. »

Corriger et convaincre de quoi ? Son « projet France » promet de lutter contre le chômage, mais bien sûr sans jamais s’en prendre aux profits des patrons, qu’il propose lui aussi d’arroser de subventions, directes ou indirectes. Comme bien d’autres politiciens, il explique réserver ses mesures d’aides aux PME, qui seraient créatrices d’emplois. Et quand il évoque la nationalisation éventuelle de certaines entreprises, dont les banques, il s’agirait pour l’État de prendre en charge des secteurs en difficulté ou non rentables, en les renflouant et en indemnisant leurs actionnaires.

Côté sécuritaire, le champion du made in France propose un hochet de plus : rétablir un service civil ou militaire obligatoire de six mois pour les filles et les garçons.

Dénoncer Hollande et sa « trahison des espoirs », se dire « socialiste, mais pas seulement », brandir le made in France en y ajoutant un couplet sécuritaire : Montebourg le démagogue essaie de ratisser aussi large que ses concurrents, avec des discours qui ne peuvent que décevoir les électeurs populaires qui auraient la faiblesse de lui faire confiance.

Aline URBAIN